
Situé dans l’hallucinante et parfois toxique atmosphère hollywoodienne de la fin des années 1970, Confidential Killings nous invite à endosser le rôle d’un détective privé confronté à une série de meurtres en apparence isolés, mais rapidement reliés par un fil rouge de complots, d’ambitions et de trahisons. Cette ambiance rétro-noir, remplie de fumeries, de projecteurs défaillants et de paillettes qui masquent la pourriture, est sans doute l’un des premiers atouts du titre: visuellement et thématiquement, le jeu sait faire ressentir le contraste entre le glamour affiché des studios et le sang froid des crimes commis dans l’ombre.
Détective à la recherche d’indices
Le style visuel en dessin, proche du roman graphique, appliqué à chaque scène de crime, studio de tournage ou salle d’interrogatoire, contribue fortement à l’immersion. Le fait de devoir fouiller, analyser et relier des indices dans un carnet de détective donne un véritable sentiment d’enquête. Ceci dit, comme dans beaucoup trop de jeu où l’observation est clé, on se retrouve souvent à cliquer un peu partout à la recherche d’indices à collecter. Une fois inscrits dans le carnet, le joueur se voit en charge de faire les liens nécessaires entre les indices recueillis et le témoignage des témoins. Le tout se fait sous forme de notes trouées où le joueur doit compléter la résolution avec le bon indice. Si ça fonctionne somme toute pas trop mal, on est tout de même sous l’impression que le jeu nous guide vers ses propres conclusions plutôt que de nous encourager à former les nôtres.

Ce qui se passe à Hollywood…
Le choix de situer l’action dans un Hollywood corrompu et cynique est particulièrement efficace: on y croise des producteurs véreux, des starlettes brisées et des détectives qui ont depuis longtemps perdu leurs illusions. Chaque détail semble pesé pour renforcer cette impression de désillusion et de mystère. D’ailleurs, malgré la courte démo, on peut déjà percevoir une trame narrative surplombant l’ensemble des enquêtes qui nous plongera au cœur du monde des stars.

Une démo non sans ses problèmes
Malgré ces qualités évidentes, la démo laisse aussi entrevoir quelques faiblesses. L’une des plus fréquentes concerne l’ergonomie du carnet d’enquête: on a parfois de la difficulté à se rappeler où chaque indice a été trouvé, ce qui peut s’avérer un problème lorsque les scènes de crime s’accumulent.
De plus, si le style graphique séduit par son esthétique, il peut aussi paraître un peu figé. Les transitions entre les scènes, souvent composées d’images fixes, limitent le dynamisme général. Ceux qui préfèrent des expériences plus interactives risquent de trouver le rythme un peu lent. Cependant, ce choix artistique correspond au ton du jeu: lent, méthodique, et presque contemplatif, comme un roman policier que l’on savoure page après page.

Enfin, la démo montre encore quelques imperfections dans la traduction et la localisation. Le jeu repose énormément sur les mots, les indices et les nuances de langage; la moindre erreur de traduction peut troubler l’expérience, ce qui m’est d’ailleurs arrivé pour la version française.

Conclusion
En résumé, Confidential Killings est une très belle surprise pour les amateurs de jeux d’enquête et de mystères psychologiques. Son ambiance rétro, sa direction artistique élégante et son écriture dense en font un projet à suivre de près. La démo accomplit parfaitement sa mission: elle intrigue, captive et donne envie d’en voir davantage.
Le jeu se distingue par son ton adulte et son intelligence narrative. Il ne cherche pas à séduire par des effets de manche, mais par la profondeur de son scénario et la cohérence de son univers. Pour ceux qui aiment prendre leur temps, fouiller chaque détail et savourer les atmosphères feutrées, Confidential Killings est déjà une promesse très solide.
Merci à Surefire.Games pour la copie du jeu.
Pour se procurer le jeu, c’est ici.


Laisser un commentaire