Predator: Badlands est une nouvelle interprétation originale d’une franchise classique de science-fiction extraterrestre. Le point de départ est celui d’une comédie initiatique classique. Vous vous demandez peut-être d’où vient cette interprétation originale d’une idée déjà vue?

Comment redonner vie à un vieux concept?
Prenez une créature qui a servi de protagoniste pendant des décennies. En quelques minutes, transformez-la en un personnage à part entière, avec des conflits familiaux d’ordre culturel. Introduisez ensuite les tropes classiques de la science-fiction, tout en jouant sur les aspects familiers du personnage depuis ses débuts. En même temps, donnez-lui une personnalité totalement inattendue, surtout comparée à la créature que nous connaissons. En faisant cela, vous atteignez un double objectif: faire découvrir la créature à une nouvelle génération de fans.

Intégrez des moments d’humour rapidement et efficacement, sans ralentir le rythme du récit. Créez une atmosphère où se tisse une compréhension de base des personnages, notamment une connexion entre les deux protagonistes. L’idée du «mieux vaut être ensemble que morts», le poids de la nécessité de faire ses preuves malgré l’avis des autres. Ajoutez ensuite le sang, la violence, la douleur, les scènes de combat, et quelques moments franchement hilarants (du moins pour moi). Tout ça en s’appuyant sur deux franchises de science-fiction déjà bien établies.

Et surtout, et c’est peut-être le plus important: assurez-vous que les effets spéciaux et visuels fassent partie intégrante du récit et ne sont pas simplement là pour faire joli.

Bon, par où commencer ma critique ?

Qui est Dan Trachtenberg ?
Dan Trachtenberg n’est peut-être pas encore un nom connu dans le monde de la réalisation, mais il s’est désormais solidement implanté dans l’univers de Predator (Yautja). Badlands est sa troisième production mettant en vedette les Yautja. Il a non seulement réalisé, mais aussi écrit les trois films qu’il a mis en scène (Prey (2022) et Predator: Killer of Killers (2025) étant les 2 autres productions).

Trachtenberg semble avoir pris une grande partie de l’univers Yautja. Il y a ajouté des éléments clés qui l’ont considérablement enrichi. Badlands ne fait pas exception.

Dans Badlands, Trachtenberg explore l’identité Yautja du point de vue des Yautja. L’importance de l’honneur, de la famille et du clan est développée avec efficacité, laissant suffisamment de place à d’éventuels développements ultérieurs. Autrement dit, Trachtenberg place le Predator au cœur du récit. L’intrigue de Badlands, à mon avis, présente de nombreux liens avec les autres scénarios de Trachtenberg, sans pour autant se répéter. Encore une fois, le réalisateur a fait honneur à Predator.

Dès le départ
Le film commence par une scène d’action et le rythme ne ralentit pas beaucoup jusqu’au générique de fin. Quelques plans de montage, rappelant le cinéma des années 80, viennent nous offrir un répit. Quelques interactions entre les personnages permettent de développer l’intrigue. Des échanges humoristiques légers suggèrent une alliance possible, et l’on comprend aisément où, pourquoi, comment, et surtout (à mon avis) quand le film se déroule. Je pourrais détailler l’importance de la période choisie dans ce film, mais je risquerais de dévoiler un élément clé de l’histoire.

Un grand nombre de nouvelles espèces extraterrestres font leur apparition dans l’univers de façon spectaculaire: des plantes aux minuscules créatures indestructibles, en passant par des monstres qui tiennent à peine à l’écran. Badlands porte bien son nom. Avec tous ces éléments narratifs et, comme mentionné précédemment, un rythme bien maîtrisé dès le début, Predator: Badlands est un film divertissant. Ai-je parlé des scènes de combat? Non, je ne l’ai pas fait! Je pourrais m’étendre longuement sur le sujet, mais je ne leur rendrais pas justice. Je vous recommande fortement d’aller voir ce film. Du combat au corps à corps, avec un Yautja! À découvrir absolument.

En bref
Predator: Badlands n’est peut-être pas le meilleur film de la franchise Predator, même avec une intrigue parallèle inspirée d’Alien, mais il possède de nombreuses qualités. Avec une distribution réduite, le film repose essentiellement sur un seul ressort narratif, sans pour autant être ennuyeux.

La camaraderie entre les personnages est touchante et efficace, le scénario est précis, les combats au corps à corps sont bien chorégraphiés et les nouvelles espèces extraterrestres sont convaincantes. Malgré ces points positifs, le film présente quelques faiblesses, notamment la séquence d’ouverture. Les effets visuels manquent parfois de perfection et semblent avoir été ajoutés à la hâte. Certains éléments de l’histoire semblent avoir été utilisés pour faciliter la production plutôt que pour enrichir le scénario.

Est-ce que j’irais revoir ce film au ciné? Serait-il sur ma liste de films de science-fiction incontournables? Oui. Pourquoi donc? Parce que parfois, on a juste besoin d’un film divertissant pour se détendre.

Merci à Disney pour la projection en avant-première.

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