
Star Wars Battlefront (2004) – Le premier souffle de la guerre galactique
Sorti le 21 septembre 2004, Star Wars Battlefront marque la première tentative de Pandemic Studios de recréer à grande échelle les batailles mythiques de la saga. L’idée : plonger le joueur dans les affrontements de la Guerre des Clones ou de la Rébellion, non pas comme un héros, mais comme un simple soldat au milieu du chaos. C’était un concept aussi ambitieux que novateur pour l’époque.
Un concept révolutionnaire
Avant ce titre, aucun jeu Star Wars n’avait su traduire la sensation d’une guerre totale. Les fans connaissaient bien Jedi Knight pour les duels au sabre laser ou Rogue Squadron pour les combats aériens, mais Battlefront change la perspective : ici, on est un pion parmi des centaines. L’objectif est simple : capturer et défendre des postes de commandement pour dominer la carte. Pourtant, derrière cette simplicité se cache une profondeur tactique rare pour un jeu d’action sur PS2.
Chaque bataille oppose deux grandes factions selon l’époque choisie :
- La République Galactique vs. la Confédération des Systèmes Indépendants (CIS) pendant la Guerre des Clones.
- L’Empire Galactique vs. l’Alliance Rebelle pendant la Guerre Civile Galactique.
Chacune possède ses propres soldats, véhicules et avantages tactiques, ce qui donne une vraie identité à chaque camp.

Les classes de soldats : la diversité avant tout
Le jeu propose quatre classes principales et parfois une cinquième selon la faction.
- Le Soldat standard, armé d’un fusil blaster polyvalent, est le cœur de chaque armée.
- Le Tireur d’élite dispose d’un fusil longue portée redoutable, idéal pour tenir les hauteurs ou défendre les bases.
- Le Soldat lourd, équipé de roquettes, est indispensable contre les véhicules ennemis.
- Le Pilote, souvent sous-estimé, peut réparer les véhicules et dispose de mines très utiles.
- Enfin, certaines armées ont des unités spéciales : les Dark Troopers impériaux, les Droïdes d’assaut B2, ou encore les Wookiees rebelles, tous dotés d’armes uniques.
Chaque classe joue un rôle précis, et c’est en mélangeant leurs forces que l’on remporte les batailles. Pour un jeu de 2004, cette diversité d’approches était impressionnante.

Des modes de jeu simples mais addictifs
Le mode principal s’appelle Conquête galactique, qui consiste à enchaîner une série de batailles sur différentes planètes pour dominer la galaxie. Il y a aussi le mode Instant Action, parfait pour lancer une bataille rapide, choisir la carte, les factions et les conditions de victoire.
Le mode Campagne quant à lui est plus basique : il s’agit simplement d’une succession de batailles historiques tirées des films, sans véritable scénario ou mise en scène. Malgré tout, enchaîner Geonosis, Hoth et Endor à la suite procurait une satisfaction énorme.
Des cartes emblématiques
Le jeu couvre une quinzaine de champs de bataille issus des deux trilogies : Naboo, Geonosis, Kamino, Endor, Hoth, Tatooine, Bespin… Chaque environnement capture l’essence de la saga, même si les graphismes montrent leurs limites. Voir des AT-AT avancer lentement sur la plaine de Hoth pendant qu’un escadron rebelle tente désespérément de défendre l’écho base, c’était une vision inoubliable.
Certaines cartes, comme Geonosis ou Endor, se démarquent par leur densité et leur verticalité, avec des zones où les snipers dominent, d’autres où les véhicules font la loi.

Des véhicules mythiques et un vrai sentiment de puissance
Les véhicules sont un autre pilier du jeu. On pouvait piloter les speeders rebelles, les chars TX-130, les droïdes araignées, ou encore les terrifiants AT-ST impériaux. Entrer dans un char ou un AT-TE et semer la panique dans les lignes ennemies donnait un sentiment de puissance rare. Pandemic avait réussi à rendre la transition entre combat à pied et pilotage fluide, une prouesse technique pour la PS2.
Une expérience multijoueur avant-gardiste
Le mode multijoueur local (jusqu’à 2 joueurs) et en ligne (via l’adaptateur réseau PS2) permettait de s’affronter ou de coopérer. Pouvoir défendre un poste de commandement avec un ami pendant que des vagues de clones approchaient faisait partie des moments les plus mémorables du jeu.
C’est ce mode qui a véritablement révélé le potentiel du concept : Battlefront n’était pas qu’un simple jeu de tir, c’était une expérience de guerre coopérative, encore rare à l’époque sur console.

Une immersion sonore et visuelle fidèle à Star Wars
Les musiques orchestrales de John Williams, les cris des blasters, le grondement des AT-AT, tout contribue à une immersion totale. La mise en scène est minimale, mais la direction artistique compense tout. On se sent réellement dans une bataille de Star Wars, et c’est tout ce qu’on pouvait demander.
Forces :
- Batailles massives et épiques jamais vues avant sur PS2.
- Véhicules et classes variés offrant une vraie richesse stratégique.
- Multijoueur coopératif ou compétitif très amusant.
- Fidélité absolue à l’univers et à l’ambiance Star Wars.
Défauts :
- Pas de vraie campagne narrative.
- Gameplay rigide et IA basique.
- Répétitivité après plusieurs heures de jeu.
Star Wars Battlefront fut une première pierre brillante. Il a posé les bases d’une formule que Pandemic allait sublimer dès l’année suivante.

Star Wars Battlefront II (2005) – L’apogée de la guerre galactique
Sorti le 1er novembre 2005, à peine un an après le premier, Star Wars Battlefront II est bien plus qu’une suite : c’est l’aboutissement de tout ce que le premier jeu avait promis. Pandemic Studios a écouté les fans, peaufiné le gameplay et ajouté tout ce qui manquait : une vraie campagne scénarisée, des héros jouables, des batailles spatiales, et une progression plus gratifiante.
Pour beaucoup, c’est tout simplement le Star Wars ultime sur PS2.
Une campagne plus vivante que jamais
La campagne, intitulée Rise of the Empire, suit le parcours de la 501e Légion de clones, surnommée “les poings de Vador”. Le narrateur est un clone vétéran qui raconte, avec gravité, la transformation de la République en Empire. Ce choix narratif donne un ton mature, presque mélancolique, qui renforce l’immersion.
Les missions retracent les événements clés de la saga : la bataille de Mygeeto, la défense de Kamino, la purge du Temple Jedi sur Coruscant… C’est enfin une campagne digne du nom Battlefront, avec des objectifs variés (détruire, défendre, capturer, escorter, saboter). On ne se contente plus de tirer : on vit la guerre.

L’introduction des héros : un rêve de fan devenu réalité
L’une des plus grandes nouveautés est l’ajout des héros jouables. Dark Vador, Luke Skywalker, Yoda, Mace Windu, Obi-Wan, Darth Maul… chacun possède des pouvoirs et un style unique. On peut bondir dans les airs, renvoyer les tirs de blaster, ou projeter des ennemis par dizaines.
Incarner ces figures mythiques sur les champs de bataille, même pour quelques minutes, change totalement la dynamique du jeu. Et les héros ennemis, contrôlés par l’IA, ajoutent de vrais moments d’intensité : affronter Maul à la surface de Naboo ou croiser Vador sur Mustafar, c’est du pur cinéma interactif.
Les batailles spatiales : un ajout monumental
Pandemic ne s’est pas contenté d’améliorer le sol : il a aussi ouvert le ciel. Les batailles spatiales sont un autre mode majeur, opposant les flottes rebelles et impériales ou républicaines et séparatistes. On peut piloter un chasseur, un bombardier ou un intercepteur, détruire des croiseurs ennemis, puis atterrir dans leur hangar pour saboter les générateurs et s’échapper à pied.
Cette liberté, passer du vol spatial au combat intérieur dans le même affrontement, était époustouflante à l’époque et reste incroyablement satisfaisante aujourd’hui.

Les classes revisitées et la progression
Battlefront II reprend les classes du premier opus, mais leur donne plus de profondeur. Chaque classe peut être améliorée en remplissant des objectifs et en gagnant des points de combat.
Par exemple :
- Les soldats peuvent débloquer des blasters améliorés.
- Les snipers obtiennent un fusil plus précis et une meilleure lunette.
- Les pilotes gagnent des capacités de régénération.
- Les classes spéciales comme les Jet Troopers ou Droïdes d’assaut MagnaGuard offrent des styles de jeu totalement différents.
Pandemic a aussi ajouté des récompenses d’élite : au fur et à mesure qu’on accumule les victoires, de nouvelles options s’ouvrent, donnant un vrai sentiment de progression, rare à l’époque.
Des modes de jeu riches et rejouables
Outre la campagne, on retrouve le mode Conquête galactique, désormais plus stratégique. Il ne s’agit plus seulement de choisir une carte, mais de gérer une flotte, conquérir des systèmes, acheter des bonus et planifier ses attaques. Le côté tactique renforce la durée de vie du titre.
Le mode Instant Action reste présent, parfait pour les affrontements rapides, mais l’équilibre des cartes et la variété des objectifs font qu’on ne s’en lasse jamais.

Un multijoueur coopératif inoubliable
Sur PS2, jouer à deux sur le même écran restait une expérience magique. Défendre Kamino avec un ami, piloter un X-Wing pendant que l’autre infiltre un croiseur ennemi… Ce genre de moment reste gravé dans la mémoire.
Même sans le mode en ligne aujourd’hui, le jeu reste d’une rejouabilité folle grâce à sa richesse de contenu et à l’adrénaline qu’il procure.
Pour moi, c’est un titre profondément nostalgique. J’y ai passé des heures avec des amis, alternant entre batailles spatiales et missions terrestres. Le genre de jeu qui, encore aujourd’hui, te replonge instantanément dans une époque où tout semblait plus simple — où tu te sentais, le temps d’une soirée, un vrai soldat de la galaxie.
Une réalisation qui tient encore la route
Techniquement, Battlefront II pousse la PS2 dans ses retranchements. Les cartes sont plus vastes, les effets de lumière plus travaillés, et le framerate reste étonnamment stable. Le son, lui, est toujours un régal : musiques, doublages et bruitages sont d’une fidélité absolue.
Même aujourd’hui, difficile de ne pas être impressionné par l’ambition du titre.

Forces :
- Campagne scénarisée et immersive.
- Héros et vilains jouables.
- Batailles spatiales spectaculaires.
- Système de progression et classes retravaillées.
- Multijoueur coop toujours aussi grisant.
- Réalisation et ambiance sonore dignes du cinéma.
Défauts :
- Quelques ralentissements sur PS2.
- IA toujours simpliste.
- Certaines cartes légèrement déséquilibrées.
Conclusion
Star Wars Battlefront et Battlefront II forment un duo légendaire, indissociable de l’âge d’or de la PS2. Le premier, brut et visionnaire, posait les fondations d’un concept inédit : faire vivre la guerre des étoiles à échelle humaine. Le second, plus abouti et cinématographique, concrétisait tous les rêves des fans.
Ce sont deux jeux complémentaires, portés par la même passion pour l’univers de Star Wars et par une compréhension rare de ce que les joueurs attendaient. Vingt ans plus tard, ils continuent de briller, non seulement pour leurs qualités techniques, mais surtout pour les souvenirs qu’ils évoquent : des batailles épiques, des amitiés forgées autour d’un écran cathodique, et cette magie unique de l’époque LucasArts.



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