Briseuse d’Éclipse rétro
Ce roguelike (exploration de donjons infestés de monstres avec des niveaux à génération procédurale… oui, j’ai encore rien trouvé de plus court pour le dire en français — soupir!) propose des combats en temps réel dans un J-RPG à l’esthétique des années 90.

Une héroïne en pause prolongée
Le joueur incarne Ember, une guerrière redoutable armée d’une épée gigantesque et de quelques talents magiques. Elle se réveille d’un long sommeil — ou d’un coma, ou peut-être d’un petit décès temporaire, qui sait — avec une amnésie tenace et une vie sociale en ruines.
 Ses ami·e·s l’ont quittée, le monde a changé, et tout semble lié à la déesse du Soleil. Comme on pouvait s’y attendre, la seule façon d’obtenir des réponses, c’est de cogner sur des anges jusqu’à la vérité. Classique.

Des arènes célestes bien remplies
Le joueur envoie Ember dans une arène circulaire où apparaissent des ennemis à l’apparence angélique : humanoïdes, ailés, vêtus de blanc, façon Grèce antique. Charmants, mais dangereux.
 Des pièges parsèment l’arène et peuvent être déclenchés par quiconque, souvent à ses dépens (surtout les miens, soyons honnêtes). Après deux ou trois vagues d’adversaires, Ember choisit ses récompenses, puis enchaîne sur un autre combat… jusqu’à ce qu’elle se fasse rétamer.
C’est voulu : la défaite fait partie du cycle. Ember se retrouve alors devant le temple de son amie, Sylphie, la prêtresse. Des alliés potentiels et plusieurs marchands l’attendent — tous ravis de lui offrir leur aide… contre monnaie sonnante et trébuchante.

Rien n’est gratuit, même la sueur
Chaque personnage rencontré propose un bonus spécifique :

  • la prêtresse peut augmenter les gains de monnaie,
  • certains compagnons prêtent leurs armes à Ember au combat,
  • ou le joueur peut améliorer les capacités physiques ou magiques de son héroïne.

Tout s’achète avec différents types de devises — parce que même dans un monde mystique, le capitalisme n’a pas d’éclipse.

Un système de combat nerveux et exigeant
Le système d’endurance rythme tout : il faut attendre que la jauge se remplisse pour attaquer, lancer un sort ou exécuter une technique. En attendant, on peut se déplacer librement pour esquiver, foncer ou paniquer un peu.
Au début, tout semble simple. Puis les ennemis se multiplient, leurs attaques s’enchaînent, et le chaos s’installe.
 Certaines offensives peuvent être parées, d’autres doivent être évitées absolument — sinon, Ember finit en purée solaire ou glaciale, selon les ennemis rencontrés.
 Et attention : garder le bouclier levé ralentit la régénération d’endurance, ce qui ajoute une bonne dose de stratégie à l’action.

Une ambiance rétro assumée
Visuellement, le jeu marie 3D rudimentaire pour les combats et portraits dessinés à la main pour les dialogues. C’est un mélange très “J-RPG de la PS1”, et ça marche.
 La bande-son et les effets sonores évoquent avec tendresse les années PlayStation et Nintendo 64. J’aurais toutefois apprécié une musique de combat plus agressive ou rythmée pour mieux accompagner les explosions d’ailes et de halos.

Des options à la Final Fantasy X
Le système d’évolution rappelle la grille de sphères de Final Fantasy X, avec un tableau d’amélioration dense et varié.
 Ajoutez à cela des personnages à débloquer, des compétences uniques et de futurs ajustements de la part des développeurs (Lunar Workshop et Jorge Rodriguez), et vous obtenez un jeu avec une agréable perspective d’évolution.

Le risque de la répétition
Le message d’accueil promet de futurs ajouts — nouveaux ennemis, boss et contenus. Et heureusement!
 Après plusieurs heures, je n’ai toujours pas réussi à vaincre le premier boss, et les ennemis rencontrés restent sensiblement les mêmes. Si la progression repose uniquement sur la montée de puissance sans réelle diversité, la répétitivité risque de s’installer, même si la montée en difficulté garde les combats prenants.

Verdict solaire
Eclipse Breaker est un superbe roguelike J-RPG à la sauce rétro, à la fois nostalgique et nerveux.
 Sa prise en main intuitive, son système de personnalisation poussé et son rythme de combat dynamique en font une expérience prometteuse.
 Si les développeurs tiennent leurs promesses, on pourrait bien tenir là un petit bijou du jeu indépendant, capable d’éclipser de plus gros titres par sa passion et son charme.

Merci à Lunar Workshop pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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