
Quand l’amour s’apprend à tâtons
Au Québec, le 11 juillet dernier, paraissait le premier tome de My Sweet Boy chez les éditions Akata (en version française), une belle romance à la fois drôle et adorable! Cette oeuvre signe ainsi le retour de Kaori Hoshiya (Like a little star ; Don’t Worry, Be Happy) dans un registre shôjo tendre et introspectif si vous voulez mon avis. Il est disponible au coût de 13,93$ CND, ce qui est très raisonnable au vu de ses 190 pages.
On y suit Kanoko Mikeda, une jeune adolescente qui a toujours fréquenté des écoles de filles et n’a donc « jamais eu à faire » à un garçon, selon ses propres mots. Fasciné par les histoires de romances qu’elle lit et écoute, elle intègre enfin un lycée mixte! Ainsi, pleine d’imagination et d’attentes, elle est persuadée qu’un garçon, merveilleux comme dans les shôjo qu’elle lit, va croiser sa route. Eh oui, notre jeune lycéenne, naïve, pleine d’illusions et nourrie de clichés romantiques, s’imagine déjà vivre la rencontre parfaite avec le garçon assis à ses côtés. Mais à sa grande surprise, Yuito Tamao, son fameux voisin de classe, est tout sauf le prince charmant qu’elle espérait.
My Sweet Boy, c’est un savant mélange de malentendus, de premiers émois et de ce doux choc entre rêve et réalité. Et ce premier tome nous plonge savamment dans une comédie romantique lycéenne à la fois tendre et mélancolique, centrée sur la découverte de l’autre. Une belle découverte pour les amateurs du genre!

Kanoko, rêveuse en terrain inconnu
Notre héroïne, Kanoko, est présentée comme une adolescente très enthousiaste, rêveuse, mais surtout, totalement novice en matière de garçons! Et c’est justement son « manque d’expérience » qui est utilisé dans l’oeuvre comme source centrale d’humour : emportée par son imagination, elle s’invente des scénarios totalement dignes d’un shôjo et croit même au coup de foudre immédiat dès le premier jour d’école, avant, bien sûr, d’être rattrapée par une réalité moins romanesque. Ses réactions excessives et ses réflexions naïves provoquent souvent le sourire : elle veut tout vivre, tout ressentir, sans filtre. Cette approche lui donne un côté attachant et très touchant, mais on a parfois l’impression qu’elle manque de profondeur — c’est à la fois un trait charmant et limitant! Néanmoins, la sincérité que lui confère Kaori Hoshiya crée des situations fascinantes et pleines de vie.
Celui qui partage la vedette dans ce manga, c’est Yuito Tamao, le fameux garçon « inattendu » : calme, silencieux, mais surtout, ne représentant aucunement le stéréotype du prince charmant dont Kanoko s’attendait! En fait, je dirais même qu’il est un jeune homme totalement atypique, car il ne maîtrise pas vraiment les codes sociaux des romances ou même des relations de bases. Cette opposition entre notre héroïne très fébrile et ce garçon fort réservé parvient toutefois à former un duo prometteur : l’une apprend à vivre pleinement, tandis que l’autre découvre les relations humaines sous un angle nouveau. Nos deux lycéens vont ainsi apprendre à se découvrir et à mûrir au fil de leurs aventures, et de leurs mésaventures. Ces situations vont donner lieu à des scènes pleines de charme, naviguant entre maladresse et quiproquos, qui insufflent au récit une douceur bien agréable!

En revanche, ce que j’ai moins apprécié, c’est que Kanoko manque de profondeur au-delà de sa posture naïve, et on n’a pas encore de développement profond pour le personnage masculin : on va se le dire, Tamao reste pour l’instant assez mystérieux et c’est tout ce qu’on sait de lui. Oui ce mystère fait partie de son charme, mais il crée aussi une certaine distance, surtout pour ceux qui espéraient découvrir un héros plus présent et complexe dès le début de l’histoire. J’ai hâte de poursuivre la lecture pour découvrir comment les personnages évolueront et s’ils se révéleront un peu plus à nous.
Entre fantasmes et réalité : les thèmes et l’ambiance
My Sweet Boy explore l’écart entre l’idéal romantique et la réalité des relations, souvent bien moins parfaite qu’on ne l’imagine! Ici, Kanoko rêve de romance complètement scénarisée et idéalisée alors que Tamao ne joue pas du tout le jeu. Ce contraste illustre très bien le passage à l’âge affectif, ce moment où l’on réalise que la vie ne se déroule pas comme dans les mangas ou les films qu’on aime tant. Une belle prise de conscience sur la différence entre fiction et réalité!
Quant à l’ambiance, elle reste globalement légère : c’est un shôjo qui sourit, un peu maladroit, mais vraiment sincère. Sous ses airs légers et scintillants, on perçoit une douce méditation sur la rencontre, la compréhension de l’autre et la bienveillance des sentiments! Le lycée, ce décor si familier, devient ainsi un théâtre miniature où s’expriment toutes les nuances du premier émoi : curiosité, peur, maladresse et excitation s’entremêles.

L’élégance du trait : douceur et expressivité
En ce qui concerne les illustrations, Kaori Hoshiya mise plutôt sur un dessin lumineux, aves des lignes fines et très expressives! Ici, les fonds blancs mettent en valeur les visages de ses personnages qui regorgent de détails : yeux brillants, joues rosées, gestes timides… chaque émotion est magnifiquement représentée.
Mais comme je l’ai dit, les fonds ne sont pas développés… les décors sont donc très sobres mais également justes, valorisant à la place la douceur des échanges et l’énergie des expressions, qui donnent au récit tout son charme et sa vitalité. Je trouve donc que l’autrice maîtrise avec brio le rythme visuel, alternant habilement entre les moments remplis d’émotion et ceux bien plus légers : chaque instant semble alors suspendu, peint avec une délicatesse attendrissante.
Ainsi, même si le style reste dans la tradition des shôjo que l’on a l’habitude de voir, je trouve que le manga se démarque tout de même par un sens du cadrage particulièrement précis et par une attention constante portée à la lisibilité des émotions — un domaine où Hoshiya excelle sans conteste! Une œuvre aussi douce à lire qu’à regarder.

Un premier tome doux comme un premier amour
Vous l’aurez bien compris, My Sweet Boy n’invente pas le shôjo moderne… mais il reflète avec justesse toute la tendresse et la sincérité émotionnelle. Honnêtement, ce premier tome m’a séduite non pas par la complexité de son intrigue ou ses rebondissements, mais par sa légèreté, son humour bienveillant et la chaleur de son dessin.
Bien sûr, nos deux protagonistes mériteraient d’être un peu plus développés, afin de révéler toute la richesse de leur personnalité et l’intrigue à prendre davantage de consistance, mais il s’agit là que du premier tome! Je vais donc laisser la chance aux prochains puisque certains côtés m’ont tout de même bien charmée et que j’ai envie de connaitre le développement de leur relation!
Bref, My Sweet Boy est un manga parfait pour ceux qui veulent retrouver la magie des premiers émois, cette frontière fragile entre imaginaire et réalité, et se rappeler que l’amour, avant d’être une histoire, est une expérience sincère, authentique… et parfois bien plus complexe que prévu!

Merci à Interforum pour la copie du manga.

Queen Kate 💜
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