
Le manga est illustré par Hajime Yamamoto et scénarisé par yosshaa!. Il est publié en français par Akata et distribué par Interforum Canada. Sa date de parution est fixée au 22 août 2025, au prix de 15,95 $ CAD. Ce titre s’inscrit dans les genres action, science-fiction et héros.
Résumé
C’est fou comme le monde est vaste… Il y a cinquante ans, la planète Terre s’est mise à gonfler, créant de nouveaux continents peuplés d’une armada de monstres contre lesquels les armes humaines restaient sans effet. Heureusement, de mystérieux cristaux firent également leur apparition, conférant à certaines personnes des pouvoirs surpuissants. Ces héros furent appelés « pionniers de première classe ». Kuroki rêve de cartographier ce nouveau monde. Hélas, il n’est qu’un « pionnier de seconde classe », efficace et consciencieux, mais relégué à des missions de faible importance. Jusqu’à ce qu’un jour, accompagné de son fidèle compagnon à quatre pattes Pomékichi, il tombe sur un cristal d’un nouveau genre… Son destin se met alors en marche !
Introduction
Avec Earth Expansion, le scénariste yosshaa! signe une œuvre d’aventure et de science-fiction profondément marquée par sa passion pour les jeux vidéo. Grand amateur de titres où l’exploration et la découverte du monde sont au cœur de l’expérience — notamment ceux où les cartes se dévoilent au fur et à mesure de la progression — il a voulu retranscrire cette fascination dans son manga. Porté par les dessins précis et dynamiques de Hajime Yamamoto, Earth Expansion propose une odyssée aussi vaste qu’intrigante, où la curiosité devient la plus grande des forces.
Univers & ambiance
Dès le départ, on ressent très fort l’inspiration RPG / aventure que voulait apporter l’auteur. L’idée de “nouveaux continents”, de zones hostiles peuplées de monstres, de cristaux aux pouvoirs mystérieux, etc., rappelle beaucoup les jeux vidéo d’exploration et de chasse de monstres, comme Monster Hunter. Cette dimension de découverte, de cartographie de territoires inconnus est probablement ce qui rend ce manga immédiatement captivant. On a l’impression d’avoir devant soi une carte vierge à explorer, morceau par morceau, et ça stimule la curiosité.
L’accroche est puissante : un cataclysme ancien, une humanité qui doit s’adapter, des pouvoirs rares, des héros d’élite, et le protagoniste qui, humble “seconde classe”, va se révéler. C’est un classique du genre, mais ici bien fait, sans lourdeur, avec un mystère bien dosé.

Personnages
- Ryûsei Kuroki : son rêve de cartographier le monde est très fort comme moteur narratif. Ce qui le rend touchant, c’est justement qu’il est “seconde classe” – pas (encore) un super héros, pas de pouvoirs éclatants dès le départ, beaucoup d’efforts et de doutes. Le lecteur peut s’identifier. Le fait qu’il ait 32 ans, pas le jeune ado habituel, renforce ce réalisme, cette impression que ses motivations viennent d’une expérience de vie, pas juste d’une fougue adolescente.
- Pomékichi, le chien-compagnon avec un pouvoir de stockage, apporte à la fois légèreté, utilité narrative, et chaleur affective. Un compagnon fidèle, pas juste “mignon”, mais utile dans l’univers.
- Kohane Kanzaki, première classe, pouvoir de pisto-génèse : elle fonctionne bien comme personnage secondaire fort, à la fois contrastant avec Kuroki (positivement). Le pouvoir de matérialiser des armes à feu est moins original, mais son utilité dans les scènes d’action, et les possibilités visuelles qu’il offre, compensent.

Scénario & progression
Les chapitres (1 à 5) remplissent bien leur rôle. Le tome 1 pose les bases plutôt efficacement :
- On découvre le monde, ses règles, ses dangers, les rapports entre les “pionniers” de différents niveaux, les régions ravagées etc.
- L’apparition du pouvoir de Kuroki via la fusion de cristaux, et le concept de dracomorphie, sont très bien amenés : l’émotion du personnage, la transformation, la surprise, le danger tout est bien retranscrit.
- Les scènes de voyage / exploration (ex : Yokohama ravagée, les ossements de monstres, la tempête de sable salvateurs”) donnent une vraie échelle au monde, une réelle atmosphère.
- Le mix entre action, découverte, et moments plus calmes ou informatifs (fiches, rapports) permet de varier le rythme, ce qui empêche l’ennui.
Cependant, le chapitre 3, est un peu plus lent mais est aussi moins long (moins d’avancée dans l’intrigue, focalisé sur la découverte de la colonie). Cela ne nuit pas vraiment, parce que cela permet de donner de la profondeur au monde, mais il faudra surveiller si les moments calmes ne s’étirent pas trop dans les tomes suivants.

Dessin, mise en scène & esthétique
Le plus grand point fort du manga est bien sur son esthétique. Les dessins sont sublimes. Les monstres sont extrèmement bien dessiné. Les moments de transformations sont époustouflants. Yamamoto a un trait dynamique, expressif, capable de rendre à la fois l’imposant et le quotidien (les petites scènes, le chien, l’interaction humaine) à un autre niveau.
La dracomorphie, en particulier, est visuellement impressionnante, tant dans sa forme massive que dans le contraste avec le corps humain de Kuroki. On sent le soin dans les détails, dans les textures (monstres, zones ravagées, ossements), dans les plans larges (paysages, panoramas) comme dans les plus rapprochés (émotions, visages).
La mise en scène des scènes de combat et d’apparition de danger est efficace : tension, surprise, moment dramatique sont bien dosés.

Originalité, thèmes & potentiel
Malgré des éléments classiques (monstres, cristaux de pouvoir, héros d’élite vs héros “secondaire”), Earth Expansion arrive à renouveler le tout via le mélange avec le thème de l’exploration / cartographie, la survie, la reconstruction, et le contraste entre régions ravagées et poches de vie. Le fait qu’il y ait des régions très détruites, d’autres presque intactes, des sociétés isolées, etc., permet d’imaginer qu’il y aura des arcs de “réconciliation”, de redécouverte, de différences culturelles, etc.
Le manga semble aussi explorer la notion de responsabilité : que faire quand on a un pouvoir, qu’on est un pionnier, quel est son rôle envers les autres régions, etc. Le courage de Kuroki, sa détermination, le fait qu’il impressionne ceux qu’il rencontre pas simplement par force mais par volonté, cela installe une dynamique intéressante.
Ce qui pourrait être amélioré
- Le pouvoir de Kohane (pisto-génèse) : est un peu “plat” comparé à des transformations plus spectaculaires. Ce type de pouvoir est déjà vu dans beaucoup d’œuvres, ce qui le rend moins marquant. Mais bon, dans le contexte, ça passe, surtout car il sert le récit.
- Le rythme pourrait paraître inégal : des chapitres plus calmes et plus court (comme le 3) contrastent fortement avec ceux très denses en action. Si l’équilibre n’est pas bien maintenu, certains lecteurs pourraient trouver certains passages moins captivants. pour l’instant c’est très bien comme ca.
- Quelques zones d’ombre dans l’intrigue : le mystère du cristal “nouveau genre”, l’apparition de certains monstres parlants, etc. Cela peut être un atout, mais il faudra veiller à ce que cela ne devienne pas confus ou trop deuxième degré sans explication.

Interprétations & impressions personnelles
Ce premier tome donne vraiment l’impression d’un départ très solide pour une série avec du potentiel. On ressent l’ambition du scénariste et du dessinateur : construire un monde vaste, craquelé, dangereux, mais aussi fascinant. La transformation en dragon (dracomorphie) fonctionne presque comme un symbole de renaissance, de dépassement de soi : Kuroki, jusque-là “simple” pionnier, découvre un pouvoir qui le connecte à quelque chose de plus grand. Le contraste entre ce qu’il était, et ce qu’il devient, donne une belle tension dramatique.
Les fiches infos / rapports entre les chapitres ajoutent du fond : cela me rappelle les RPG où on débloque les profils, les bestiaires, les descriptions de zones. Ça alimente la curiosité, donne envie de savoir ce qui se passe ailleurs, dans les autres zones, dans les régions supérieures. Pour un fan de jeu vidéo, d’exploration, ce manga frappe fort.
L’émotion est bien rendue : les moments de doute de Kuroki, son impatience, sa peur, et aussi ses émerveillements — tout ça fonctionne très bien. On est embarqué, pas parce que les enjeux sont gigantesques dès le départ, mais parce qu’on se sent proche du personnage, de son rêve.
Conclusion & note finale
Earth Expansion, Tome 1, est une réussite dans le genre action-exploration-science-fiction. Il pose de solides fondations, introduit des personnages attachants, des mystères qui donnent l’envie de tourner les pages, et des scènes visuelles puissantes. Même si tous les pouvoirs ne sont pas inédits, et que le rythme pourrait parfois être plus homogène, le volume remplit pleinement sa mission de première porte d’entrée, et au-delà.
Je lui donne 9/10. Parce qu’il fait tout ce qu’on attend d’un bon tome d’ouverture… mais en mieux : il éveille la curiosité, il charme visuellement, il touche émotionnellement. Et surtout, il promet quelque chose de plus grand encore à venir. Cela fait longtemps que je n’ai pas été autant absorbé par un nouvel univers !
Merci à Interforum pour la copie du manga.

Pour se procurer le manga, c’est ici.


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