CRITIQUE DE JEU VIDÉO – SILENT HILL F

par | Oct 10, 2025

Le tout nouveau titre à rejoindre la série Silent Hill s’intitule Silent Hill f. Il est sorti le 25 septembre 2025. Développé par le studio NeoBards Entertainment, reconnu pour son travail sur plusieurs remakes, et édité par Konami, il s’agit d’un jeu de puzzle mettant l’accent sur l’horreur. Le jeu est doublé en japonais et en anglais, tout en offrant une traduction en français. Il est vendu au prix de 93,49 $.

Un retour inattendu vers l’horreur
Avant tout, sachez que les jeux d’horreur ne sont pas ma tasse de thé, mais Silent Hill 2 fut une véritable découverte pour moi en 2001, et je suis depuis un grand amateur de la franchise Resident Evil. Dans la même lignée, un jeu qui m’a fait retomber en amour avec le genre puzzle/horreur est Tormented Souls. J’aurais probablement donné la clé du jeu à Beerman, lui qui est un véritable maniaque de jeux d’horreur, mais comme la clé était pour Xbox et qu’il ne possède pas cette console, je m’en suis chargé moi-même. De plus, je suis heureux de voir que Konami recommence à développer de nouveaux titres, ce qui me donne beaucoup d’espoir pour un futur Castlevania.

Une fable horrifique au cœur du Japon des années 60
L’histoire de Silent Hill f se déroule dans les années 1960, dans la ville fictive japonaise d’Ebisugaoka. On y suit Hinako Shimizu, une adolescente réservée vivant sous la pression d’un père autoritaire et d’une mère soumise. Isolée depuis le départ de sa sœur aînée et sujette à des migraines fréquentes, Hinako peine à trouver sa place. Un soir, après une violente dispute familiale, elle retrouve ses amis Shu, Rinko et Sakuko. Shu lui remet des capsules rouges pour apaiser ses douleurs. Peu après, une entité vêtue d’un shiromuku apparaît, libérant un épais brouillard et des fleurs rouges qui envahissent la ville. Sakuko meurt dans la panique, tandis qu’Ebisugaoka sombre dans le chaos, envahie par des créatures terrifiantes.

Hinako est régulièrement transportée dans le Dark Shrine, un lieu surnaturel où elle rencontre Fox Mask, une figure énigmatique qui la pousse à rejeter son humanité. Au fil de l’histoire, elle subit des transformations physiques et psychologiques : son bras est remplacé par celui d’un renard, son corps est marqué et son visage partiellement masqué. Elle découvre que Fox Mask est Kotoyuki, un homme avec qui elle est promise par un mariage arrangé. Le récit explore la lutte intérieure entre son identité humaine et sa part renarde, ainsi que la frontière trouble entre réalité, hallucination et traumatisme. Plusieurs fins sont possibles selon les choix du joueur, menant chacune à une conclusion différente pour Hinako.

Une immersion inédite au Japon des années 60
Silent Hill a, pendant la majeure partie de sa saga, exploré des villes fictives des États-Unis, même lorsque l’action ne se déroulait pas directement à Silent Hill. Avec Silent Hill f, l’aventure se situe au Japon dans les années 1960, offrant une toute nouvelle dimension à l’univers horrifique. Ce changement est bien intégré et apporte un véritable vent de fraîcheur à la série, qui avait besoin de renouveau après de longues années (R.I.P PT). Le développement du personnage Hinako est particulièrement réussi : l’histoire ne livre pas toutes les informations dès le départ, laissant planer le mystère, mais il est fascinant de suivre son évolution au fil du jeu.

Gameplay et défis de Silent Hill f
Vous l’aurez compris, l’histoire est solide et le fait de proposer plusieurs fins augmente considérablement la durée de vie du jeu. Une partie complète peut durer entre 10 et 20 heures, tandis que découvrir toutes les fins peut pousser le temps de jeu jusqu’à 40 heures.

Côté gameplay, il s’agit d’un jeu d’horreur à la troisième personne, où la gestion des armes, des objets de soin et la résolution d’énigmes sont essentielles. Le mode de combat repose sur l’alternance entre attaques faibles, attaques fortes et esquives, mais il souffre d’une lenteur marquée, fidèle à l’époque, ce qui peut frustrer. Comparé à des jeux indépendants comme Tormented Souls, certaines mécaniques semblent datées. De plus, lors de scènes d’évasion ou quand vous êtes à court d’armes, votre personnage peut rester bloqué dans l’environnement, ce qui nuit à la fluidité.

Le jeu propose également des objets inspirés de la région pour se soigner ou offrir en offrande. Ces offrandes permettent de récupérer des omamoris, tels que plus de vitalité, une meilleure stamina ou la capacité de passer inaperçu plus longtemps. Enfin, les énigmes sont bien conçues : elles ne révolutionnent pas le genre, mais leur intégration est maîtrisée et cohérente avec l’ambiance du jeu.

Graphismes et son de Silent Hill f
Visuellement, Silent Hill f est d’une grande beauté. Les personnages, les créatures, les environnements et les effets horrifiques sont très bien réalisés, créant une atmosphère immersive et effrayante. Bien que les contrôles manquent légèrement de fluidité dans les mouvements, la conception des monstres est particulièrement réussie pour provoquer des frissons au joueur.

En revanche, la traduction anglaise laisse à désirer. Le texte souffre d’erreurs et rappelle les vieilles traductions d’animes diffusés sur YTV, ce qui peut décevoir en 2025. Malgré cela, la trame sonore et les effets sonores sont excellents, renforçant l’ambiance et créant des moments de tension efficaces qui surprennent le joueur au bon moment.

Développé avec Unreal Engine 5, le jeu propose deux modes visuels sur Xbox Series : le mode performance en 1080p à 60 FPS et le mode qualité en 1440p à 30 FPS. Lors des tests, j’ai rencontré quelques chutes de FPS à la fin des cinématiques en mode qualité, mais en dehors de cela, le jeu est bien optimisé, stable et aucun crash n’a été constaté.

L’horreur au cœur de Silent Hill f
Silent Hill f se positionne comme un acteur majeur du genre horreur dans le jeu vidéo. L’ambiance s’inspire fortement du Japon des années 60, avec des éléments visuels et sonores qui renforcent la tension. Pour une raison difficile à expliquer, cette atmosphère m’a rappelé le film Grudge, notamment dans la façon dont le suspense et la peur sont construits.

Le studio a su exploiter une dimension de l’horreur jamais explorée dans la franchise jusqu’à présent, ce qui apporte un souffle nouveau à la série. Les moments de frayeur sont nombreux et efficaces : j’ai moi-même été surpris à plusieurs reprises, et même ma copine a refusé de prendre la manette, trouvant que le jeu provoquait une sensation de froid dans le dos intense et constante. L’association entre l’univers japonais, les créatures et le suspense rend l’expérience particulièrement immersive et marquante.

Note finale
Je donne un 8 sur 10 à Silent Hill f. À mon avis, sa sortie est un peu trop éloignée d’Halloween ; pour mieux coller à l’ambiance et à la durée du jeu, il aurait été idéal de le lancer dans la troisième semaine d’octobre. Malgré ce détail, il reste un bon jeu d’horreur, avec une histoire intrigante qui captive et suscite de vrais sursauts.

Le titre montre un potentiel pour renouveler le gameplay des futurs opus de la franchise, même si certaines mécaniques n’atteignent pas encore pleinement cet objectif. L’expérience générale est solide et immersive, et l’histoire de Hinako ainsi que l’ambiance japonaise des années 60 apportent un vent de fraîcheur appréciable à la série.

Merci à Konami pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

<a href="https://gpourgeek.ca/author/trashtalker121991/" target="_self">Trash Talker</a>

Trash Talker

Gabriel, connu sous le nom de Trash Talker, il est l’animateur du podcast. Trash est un maniaque de jeux vidéo, de comic books et de lutte depuis qu’il est tout petit!

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