
*Article original sur la démo publié le 10 octobre 2025*
Une colonie de souris au service des maîtres-chats
Whiskerwood est le deuxième jeu développé par le studio japonais Minakata Dynamics, édité pour la première fois par Hooded Horse. Ce jeu de simulation et de stratégie propose au joueur de gérer une colonie de souris travailleuses, chargées de survivre et de prospérer dans une nouvelle contrée inhabitée afin de subvenir aux besoins… de leurs maîtres-chats restés sur la terre mère.
Dès le départ, le joueur choisit une île où débarquer avec ses petites ouvrières. Un maître-chat, jouant le rôle de guide, recommande une île boisée et fruitée, choix judicieux, puisque le bois permet de construire des bâtiments tandis que les fruits nourrissent rapidement la colonie.
Premiers pas dans la colonie
Les premiers instants consistent à ériger un entrepôt central pour stocker ressources et nourriture. Rapidement, la gestion s’intensifie : il faut éviter que les souris perdent trop de temps en allers-retours en construisant d’autres entrepôts plus proches des zones d’extraction.
Puis viennent les besoins vitaux. Les souris détestent dormir dehors, rechignent à manger de la nourriture crue et n’apprécient guère la saleté. Le joueur doit donc leur bâtir des maisons, un café, voire un quai de baignade. Et gare à l’hiver : sans sources de chaleur, les travailleuses risquent de geler, de tomber malades… voire de mourir. Le jeu n’hésite pas à exiger la construction de tombes pour les défuntes, ajoutant une touche d’humour noir.

Une logistique qui se complexifie
En exploitant les ressources, l’île s’épuise. La logique pousse donc à envisager un déménagement vers une nouvelle terre, bien que la démo n’ait pas encore permis de tester cette mécanique. Les camps miniers transforment radicalement le paysage, creusant de véritables cratères dans l’île à mesure que la colonie s’enrichit de minerais précieux. C’est assez impressionnant : j’avais l’impression que mes souris s’étaient transformées en naines des montagnes et qu’elles allaient creuser trop profondément et se retrouver nez à nez avec un Balrog.
Les maîtres-chats surveillent de près leurs protégés. Tous les deux jours (sauf en hiver), un bateau exige des cargaisons minimales de ressources. Satisfaire leurs demandes améliore les relations, tandis que les négliger attire menaces et sanctions. Un navire marchand passe aussi régulièrement, proposant des biens variés comme du thé, des repas chauds ou des vêtements.

Héritages et nouveautés
Certains éléments rappellent le premier jeu du studio, Railgrade. On retrouve notamment la gestion d’infrastructures : chemins de fer, escaliers pour franchir les hauteurs de l’île, voire glissades pour descendre plus rapidement. De nouvelles technologies (inaccessibles dans la démo) promettent de diversifier le quotidien des souris, mais elles introduisent aussi de la pollution, rendant le confort plus difficile à gérer.
Le jeu laisse entrevoir des chaînes de production complexes, bien que leur potentiel reste limité dans cette version d’essai.

Ambiance et charme visuel
Visuellement, Whiskerwood a beaucoup de personnalité. Les souris portent chapeaux et foulards, possèdent des traits uniques, des forces et des faiblesses, et même des goûts et dégoûts. Le cycle des saisons ajoute un vrai charme : voir la colonie sous la neige, puis la retrouver en fleurs au printemps est particulièrement satisfaisant.
Un système de quêtes existe, mais reste basique dans la démo, avec des missions simples et rapides. Plus étonnant : si le jeu n’expose presque pas de mécaniques de combat, des pirates peuvent débarquer, piller et bombarder la colonie. Un futur navire de guerre apparaît dans l’arbre technologique, mais restait inaccessible.
La bande-son, riche en cuivres, violons et percussions, accompagne parfaitement la progression. On aurait toutefois aimé que les souris émettent des sons distinctifs, au-delà du bruit de leurs outils.

Moustachement vôtre
Whiskerwood parvient à se démarquer des autres jeux de gestion grâce à son mélange de charme, de complexité logistique et de situations parfois absurdes. Derrière ses petites souris mignonnes se cache une simulation de survie exigeante, où la logistique et la satisfaction des travailleuses comptent autant que la production de ressources. Un jeu qui pourrait séduire les amateurs de simulation de colonies et de gestion fine, surtout s’il continue à allier humour noir, mécaniques profondes et esthétique charmante.
Petit avertissement : vos souris auront beau être motivées, elles ne pousseront pas votre PC plus vite qu’il ne peut aller. Le jeu demande une machine plutôt costaude pour tourner correctement. Autrement dit, si votre ordinateur est une vieille meule à fromage, attendez-vous à voir vos rongeuses ramer… littéralement.
*Article mis à jour avec la version finale du jeu le 11 novembre 2025*
Finalement, j’ai eu accès au jeu complet et j’en ai profité pour choisir un scénario de départ différent. Malheureusement, je n’ai pas remarqué de grandes différences entre Horizons reculés et Mouillage de pirates. Le premier étant le seul scénario disponible dans la démo, je m’attendais à ce que le second grouille réellement de flibustiers… mais je n’en ai pas vu davantage que dans le premier.
Tout de même, débloquer de nouvelles technologies s’avère toujours aussi satisfaisant et permet de mieux gérer la survie et les besoins de la colonie de rongeurs. Le jeu reste cependant difficile ; c’est peut-être moi qui n’ai pas encore trouvé la manière optimale de jouer, mais j’en ai encore fait baver à mes souris ! Avec cette version complète, le choix des colons prend encore plus d’importance, puisque certains bâtiments exigent des compétences spécifiques que toutes les souris ne possèdent pas.
Le jeu complet laisse entrevoir la possibilité d’une rébellion contre les maîtres-chats dans un certain futur. Je ne sais pas encore s’il s’agit d’un chemin alternatif ou d’un passage incontournable, mais une chose est sûre : ça m’intrigue énormément.
Merci à Hooded Horse pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.