
Entre malédiction et promesse divine
Salut à tous, c’est Coffee&Keep, fidèle au poste pour vous partager mes impressions de lecture et mes voyages au cœur des mangas qui éveillent ma curiosité. Aujourd’hui, on replonge dans l’univers envoûtant de Ghost & Witch – La quête du divin, une série où se mêlent folklore irlandais, magie et quête existentielle. Après un premier tome marqué par l’arrivée de Saku, jeune fille maudite, en Irlande et sa rencontre avec une mystérieuse sorcière argentée, ce deuxième volume poursuit son chemin vers un destin incertain, entre fuite et divinité.
Paru le 8 août 2025 chez Komikku, ce tome signé Koré Yamazaki (The Ancient Magus’ Bride) propose 196 pages d’une aventure riche en mystère et en poésie. Disponible au prix de 14,95 $, il promet de développer encore plus le folklore celte déjà esquissé dans le premier volume.
Alors, Saku est-elle condamnée à se perdre dans la malédiction qui la ronge, ou à s’élever vers le divin ? Suivez-moi, on entre dans ce deuxième tome ensemble !
La tempête intérieure de Saku
Saku, prisonnière d’une forme complètement étrangère à elle-même et ayant perdu tout contrôle de son corps, sème malgré elle le chaos sur la scène alors qu’elle tentait simplement de venir en aide à une jeune fille menacée par des esprits farceurs… mais redoutablement tenaces.
C’est à ce moment que la sorcière et son compagnon, fidèle à moitié, mais toujours présent, interviennent pour tenter d’apaiser la tempête qui fait rage à l’intérieur de Saku. Épuisée par l’épreuve, la jeune fille trouve refuge dans la demeure de la sorcière afin d’y récupérer un peu de sérénité.
Mais le répit est de courte durée : un inconnu surgit soudainement, déclenchant un nouveau combat d’une intensité dévastatrice. Blessée et déboussolée par la succession d’événements, Saku parvient à survivre, bien malgré elle.
C’est à partir de cette rencontre que débute une nouvelle série d’événements. Un être mystérieux apparaît, porteur d’une prédiction troublante : sept individus viendront faire une requête, et il faudra répondre à chacune d’elles. Peu après, l’homme blessé formule la première : sauver les enfants d’un esprit d’une renommée aussi ancienne que redoutée.
Un chaos féerique maîtrisé
Alors que j’avais attribué de nombreux points positifs à l’histoire du premier tome, il va de soi que nous restons ici sur une superbe lancée. Tous les éléments s’accordent avec justesse : texte et visuel s’entrelacent harmonieusement pour nous livrer une expérience à la fois cohérente et envoûtante. On ressent pleinement l’esprit cocasse, étrange et poétique du folklore irlandais tout au long de la lecture.
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que, puisque le premier tome nous avait servi de porte d’entrée vers ce monde mystique, celui-ci nous y plonge sans retenue, avec tous ses caprices et ses étrangetés. Nous reprenons l’histoire exactement là où nous l’avions laissée, mais cette fois, les intrigues s’approfondissent : elles se recentrent davantage sur la trame narrative elle-même plutôt que sur la simple découverte du folklore.
Pas question ici de présentation en douceur : Yamazaki nous jette littéralement par la fenêtre du deuxième étage, sans crier gare ! À nous de déployer nos ailes et de suivre le rythme haletant du récit. C’est brutal, féérique, un peu détraqué, mais c’est surtout du pur génie narratif. J’ai plongé tête première dans cette tempête d’émotions, battant des ailes à toute vitesse pour ne rien perdre du spectacle.
Des âmes farfelues et inoubliables
Encore une fois, Kore Yamazaki nous offre une galerie de personnages totalement différente de ce qu’on retrouve dans un manga traditionnel. Non seulement par leurs personnalités excentriques et détraquées, mais aussi par leurs comportements imprévisibles, parfois proches de véritables cambrioleurs qui s’introduisent sans gêne dans l’histoire, et dans nos émotions. Une drôle de comparaison, certes, mais c’est exactement l’impression qu’ils laissent : ils surgissent, bousculent tout, et repartent en laissant un chaos fascinant derrière eux.
Imprévisibles, déroutants, presque malfaisants par moments, ils dégagent tous une identité indescriptible, tantôt drôle, tantôt dérangeante. Chacun d’eux semble suivre sa propre logique, ce qui donne à l’ensemble une texture narrative vivante et organique.
Leur évolution, tout aussi déroutante, surprend sans cesse. On ne sait jamais si leurs décisions sont guidées par la sagesse, la folie ou une étrange forme d’instinct. Et pourtant, tout fonctionne. C’est du désordre orchestré, du génie un peu fou.
Yamazaki démontre ici une maîtrise exceptionnelle du contraste entre le mystique et le grotesque. Même l’apparition d’un simple personnage « en trop » devient un événement en soi, une perturbation délicieuse qui vient faire danser tout le récit.
Un chaos maîtrisé, une beauté en clair-obscur
J’ai rarement lu un tome où, peu importe la page ouverte, je me sens à la fois perdu et exactement à ma place. C’est difficile à décrire, mais Kore Yamazaki parvient à créer une atmosphère où la confusion devient une émotion en soi. Chaque case, chaque ombre, chaque mouvement de regard semble nous guider à travers le tumulte du récit, tout en nous laissant flotter dans l’étrangeté de son monde.
Les émotions sont palpables, universelles et d’une sincérité désarmante : la peur, le chagrin, la rage, la contemplation, la sérénité… tout y passe, et tout est ressenti. C’est une œuvre en effervescence constante, un tourbillon graphique où chaque trait semble respirer.
Malheureusement, un détail persiste et vient légèrement ternir cette perfection : les dialogues entre Saku et le Serpent. Les bulles noires, combinées à un texte parfois trop petit, rendent la lecture difficile, voire fatigante pour les yeux. Il faut littéralement se rapprocher du livre ou se placer sous une lumière vive pour déchiffrer certaines phrases. Un petit accroc dans un océan d’élégance.
Heureusement, cet inconvénient ne touche qu’une poignée de pages. Les autres créatures “de l’autre monde”, elles, bénéficient d’une meilleure lisibilité et d’une mise en page plus soignée. On espère simplement que Komikku rectifiera ce détail dans les prochains volumes.
Pour tout le reste ? C’est du grand art : sublime, immersif et d’une beauté à la fois mystique et désordonnée.
Un envoûtement graphique, une lenteur fascinante
Je dois avouer que ce deuxième tome m’a profondément marqué, davantage que le premier. J’y ai retrouvé cette atmosphère unique, presque mystique, qui m’avait déjà charmé, mais avec une intensité émotionnelle plus affirmée. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la manière dont Kore Yamazaki parvient à faire vibrer chaque silence, chaque regard, chaque hésitation. Elle transforme le non-dit en langage visuel, et cela, peu d’auteurs savent le faire aussi bien.
Ce qui m’a surpris, c’est la capacité de ce tome à brouiller la frontière entre rêve et réalité. On lit, on contemple, et sans s’en rendre compte, on se met à penser comme Saku, tiraillée entre la peur de ce qu’elle devient et la beauté de ce qui l’entoure. C’est déroutant, mais d’une manière terriblement humaine.
S’il y a bien un aspect qui m’a un peu déstabilisé, c’est le rythme. Certains passages s’étirent volontairement, comme si l’autrice voulait qu’on s’attarde sur chaque souffle, chaque pas, chaque ombre… Peut-être est-ce une façon de nous inviter à ralentir, à ressentir pleinement plutôt qu’à simplement consommer le récit.
À qui s’adresse ce manga ?
Je recommanderais Ghost & Witch – La quête du divin à tous ceux qui aiment les récits contemplatifs, empreints de mystère et de poésie. Si vous appréciez les œuvres qui font réfléchir, qui invitent à la lenteur et qui possèdent une aura spirituelle à la limite du fantastique, alors ce manga est pour vous.
Verdict final :
« Une œuvre à la fois apaisante et tourmentée, qui transcende la fantasy pour devenir une expérience sensorielle. »
Merci à Interforum pour la copie du livre.

Pour se procurer le manga, c’est ici.


Laisser un commentaire