La suite d’une saga que je n’attendais plus
Ce nouveau roman intitulé Le Secret des Secrets, écrit par l’auteur à succès Dan Brown, s’est fait attendre. En effet, huit ans après la sortie de Origine en 2017, nous désespérions de pouvoir encore lire un nouvel opus de l’éponyme Robert Langdon (le héros de cette saga). Mais l’auteur nous a surpris, en annonçant début 2025 la sortie de ce livre. La coordination de publication a dû être un défi particulièrement ardu, car le roman a été mis simultanément en vente le 9 septembre 2025, de par le monde, et ce sans fuite. Fort de 638 pages et édité en francophonie par les Éditions JC Lattès, cette intrigue s’inscrit dans la longue lignée de ses prédécesseurs.

Pour rappel, la saga commence en 2000 avec Anges et démons, une histoire qui se déroule en plein cœur du Vatican. Puis en 2004 sort le succès mondial Da Vinci Code, roman qui fera connaître l’auteur et qui se déroule entre la France et l’Angleterre. Cinq ans plus tard, en 2009 paraîtra Le Symbole perdu, avec une course dans Washington DC, s’ensuivra Inferno en 2013 qui situera son intrigue en Italie et finalement les terres d’Espagne accueilleront Origine, édité en 2017.

Alors oui c’est un fait : notre auteur est un coutumier de l’attente entre ses œuvres. Mais je dois avouer que j’étais surpris en apprenant la sortie cette année de cette nouvelle intrigue.

Comme prélude, le synopsis officiel et après on décortique
L’éminent professeur de symbologie Robert Langdon se rend à Prague pour une conférence sur la noétique donnée par son amie de longue date, Katherine Solomon. La scientifique est sur le point de publier un ouvrage révolutionnaire sur la nature de la conscience humaine.
 Un meurtre sauvage va soudain précipiter leur séjour dans le chaos. Katherine disparaît, et son manuscrit est piraté sur le serveur de son éditeur. Commence alors une course contre la montre dans Prague et ses mystères. Langdon se retrouve pourchassé par une étrange créature mythologique et devient la cible d’une organisation dont le projet pourrait changer à jamais notre conception de l’esprit humain.

Décortiquons l’univers : la capitale de la Bohême comme écrin
Ce sixième opus, bien qu’écrit par un auteur américain, se déroule à nouveau en Europe, le berceau des énigmes du Professeur Robert Langdon. On s’éloigne un peu pour partir à l’Est, en République tchèque et précisément à Prague. L’intrigue nous fera parcourir la capitale de long en large, commençant au Four Seasons Hotel pour passer par le Pont Charles, la bibliothèque du Klementinum, le bastion U Božích muk, la tour de Petřín ainsi que d’autres endroits cultes de la ville. Petite appréciation personnelle : j’ai eu l’occasion de visiter la bibliothèque du Klementinum, c’est juste splendide ! Un incontournable si vous passez par Prague. Bref, je m’égare vite dès que je parle de lieux historiques et surtout de livres anciens. Donc, nous avons Prague, magnifique ville remplie d’histoire qui prête ses rues pour un scénario bien rôdé. Pour ceux ayant déjà lu les cinq premiers ouvrages, vous en conviendrez qu’il y a un schéma scénaristique récurrent. On retrouve Robert Langdon embourbé dans une histoire de secret, impliquant une organisation obscure contre laquelle il se bat, accompagné d’une femme qui est en général détentrice de l’intrigue et une part de mysticisme. Vous l’aurez certainement compris par vous-mêmes à la lecture du synopsis, mais j’espère ne pas vous décevoir en vous indiquant que le schéma de Le Secret des Secrets correspond à la même trame.

Prof. Robert Langdon, le maître des énigmes
Pour les aficionados de la saga comme moi, nous connaissons tous l’éponyme Professeur Robert Langdon par cœur. Je ne me risquerais pas à le surnommer Bob tellement notre professeur de symbologie et d’iconologie de Harvard est sérieux, voire parfois un peu ennuyant. Fidèle à lui-même, Langdon porte toujours sa sempiternelle montre Mickey Mouse, un souvenir qui lui rappelle de ne pas toujours tout prendre trop sérieusement, est toujours l’instance suprême et par excellence de la symbologie et il a le don de s’embarquer dans des péripéties où il manque de mourir à chaque fois. Il y a cependant une évolution par rapport au passé, car oui notre cher professeur vieillit, Robert Langdon est en couple ! On ne lui avait pas encore connu de conjointe, se rapprochant un peu de ses colistières vers la fin de l’histoire, mais ce roman marque un tournant dans l’évolution sociale de notre héros.

Dr Katherine Solomon, l’érudite en noétique
Quand on décrit Katherine Solomon, on a face à nous une scientifique de la noétique, dans la soixantaine d’années, avec une beauté classique, élégante et attachante. Avant même d’aller plus en détail, j’imaginerais tout à fait, dans une adaptation cinématographique, l’actrice française Catherine Frot. Cette image pourra vous donner une idée de ma représentation de Katherine Solomon (en plus de l’homonymie des prénoms). Elle est une scientifique brillante, voire visionnaire, qui s’est spécialisée en noétique, à savoir une discipline qui étudie la conscience, la pensée et l’intelligence humaine. Notre héroïne est sur le point d’éditer un livre qui est censé bouleverser notre conception même de la conscience humaine. Et malgré un travail dans le plus grand secret, une organisation veut l’empêcher de publier ses recherches. Là commence la course-poursuite dans Prague.

Les personnages secondaires qui ajoutent une dimension à l’intrigue
Un panachage de personnages secondaires va venir compléter l’intrigue. Mais méfiez-vous, ces personnages peuvent à la fois être du côté de nos héros comme être contre eux. Chacun apporte sa touche et permet de bien alimenter la trame. Dans ce sixième livre, les personnages secondaires sont très bien amenés, rajoutant tous pour une fois une réelle plus-value dans l’histoire. Bien qu’on retrouve déjà beaucoup d’informations sur internet, je fais une fois de plus dans cette chronique l’impasse sur eux et vous évite ainsi un spoil rien qu’à la lecture de cette critique. Mais une fois n’est pas coutume, le mysticisme atteint son paroxysme jusque dans la peau de ces personnages secondaires.

Un rythme soutenu
L’auteur sait comment nous tenir en haleine, enchaînant des chapitres relativement courts, encourageant le « je lis vite encore un chapitre » pour finalement se retrouver quarante-cinq minutes plus tard toujours en train de lire. Je dois vous avouer, étant un grand fan de Dan Brown, ma grande perplexité durant toute ma lecture. En effet, j’étais déjà en possession du fond de l’intrigue lorsque j’ai atteint la moitié du livre (environ 350 pages). Je me demandais comment il allait réussir à tenir l’autre moitié, sans tirer l’histoire en longueur, je redoutais cette deuxième moitié. Eh bien non ! La trame continue à s’emmêler puis se démêler, et ainsi de suite, nous perdant dans les certitudes que l’on croyait acquises. L’auteur nous emmène, au fur et à mesure de la lecture, avec lui dans la résolution de l’énigme. Quand vous croyez avoir tout compris, un nouveau rebondissement apparaît. C’est une trame que je trouve très stimulante.

Des attentes globalement bien remplies
Bon, comme vous l’avez compris, j’adore Dan Brown et toutes ses œuvres. J’étais rempli d’attentes envers ce sixième tome, mais je redoutais également que la saga Robert Langdon s’essouffle. Tout en écrivant ces lignes, je n’arrive toujours pas à me mettre d’accord avec moi-même avec la question suivante : est-ce que la saga Robert Langdon doit s’arrêter maintenant ou non ? L’auteur nous a sorti de purs bijoux avec Forteresse Digitale (1998) ainsi que Deception Point (2001), des romans hors de la saga Robert Langdon, avec une trame bien à eux. Ce roman, Le Secret des Secrets, reprend malheureusement ce fil rouge perpétuellement attaché à cette saga et j’avoue que j’aurais aimé un peu de fraîcheur. Mis à part ce point, j’ai adoré l’histoire qui m’a à nouveau tenu en haleine durant toute la lecture. Finalement, j’ai trouvé la réponse à ma question ci-dessus. J’espère que Dan Brown nous offrira un prochain roman hors de la saga Robert Langdon ou une réelle innovation dans la trame bien ancrée de cette saga qui dure depuis vingt-cinq ans. Il faut parfois arrêter une saga, finir sur un succès et repartir sur de nouvelles bases afin de continuer à surprendre son public.

Pour se procurer le roman, c’est ici.
Pour se procurer le roman, c’est ici. (Europe)

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