Le jeu Haunted Rom : The Lost Cartridge se présente comme une œuvre atypique : une cartouche maudite renfermant dix expériences vidéoludiques à la croisée de l’horreur rétro et de la modernité.
Sur papier, l’idée séduit : replonger dans une bibliothèque de jeux oubliés des années 80 et 90, corrompus par une présence invisible, où chaque écran pourrait cacher un secret. Mais derrière ce concept alléchant se cache une réalisation moins convaincante.

Dix jeux, dix visions de l’horreur rétro
La promesse est claire : offrir une collection variée de jeux inspirés des classiques d’antan. Du tir à la première personne aux combats tactiques au tour par tour, en passant par des arènes frénétiques et des aventures narratives, la diversité est au rendez-vous. Les développeurs rendent hommage à l’esthétique des palettes 8-bit et 16-bit, aux polygones rudimentaires et aux interfaces pixélisées, tout en y ajoutant une touche moderne.
Chaque jeu affiche sa propre identité visuelle et ludique, avec des mécaniques distinctes censées captiver les joueurs à la recherche de sensations variées. Malheureusement, cette diversité se transforme rapidement en éparpillement.

Un fil narratif brisé par la dispersion
L’un des aspects les plus intrigants de Haunted Rom est l’idée d’un récit caché qui se révèle progressivement. Glitches, bugs “intentionnels” et sons distordus servent de indices laissant croire qu’une force mystérieuse cherche à se manifester. Cette approche métahorrifique, héritée des expérimentations narratives modernes, avait tout pour marquer les esprits.
Pourtant, le résultat manque de cohérence. Le lien entre les dix jeux reste trop ténu, presque invisible. Au lieu d’un grand mystère qui se dévoile avec subtilité, le joueur se retrouve face à une succession de fragments, sans véritable ciment narratif. L’effet est plus celui d’une compilation disparate que d’un voyage entier.

Des contrôles et mécaniques à la peine
Sur le plan purement ludique, les promesses ne tiennent pas toutes leurs engagements. Plusieurs jeux de la collection souffrent de contrôles rigides ou peu intuitifs, ce qui gâche l’expérience. Là où la nostalgie devrait nous plonger dans un plaisir immédiat rappelant les salles d’arcade ou les consoles d’autrefois, c’est plutôt la frustration qui domine.
Cette maladresse dans la jouabilité accentue la sensation d’un produit inachevé, presque comme si l’on testait une série de démos abandonnées plutôt qu’un projet cohérent et abouti.

Quand la nostalgie vire au cauchemar
Il faut tout de même souligner l’attention portée à l’aspect visuel et sonore. Les graphismes rétro et les bruitages volontairement crunchy évoquent avec brio les productions de l’époque. Les amateurs de pixel art et de low polygon retrouveront une ambiance familière, baignée d’une nostalgie volontairement sombre.
Mais même cette réussite artistique ne parvient pas à masquer les lacunes structurelles. L’emballage est séduisant, certes, mais le contenu manque de liant et de finition pour vraiment effrayer ou captiver.

Un concept hanté par son potentiel
Haunted Rom : The Lost Cartridge est un projet qui suscite la curiosité grâce à son concept original et son hommage aux classiques du jeu d’horreur. Pourtant, la magie opère rarement. La dispersion des expériences, l’absence d’un véritable fil conducteur et des contrôles peu soignés donnent l’impression de parcourir une collection de prototypes plutôt qu’un jeu solide.
Un titre qui séduira sans doute les plus nostalgiques avides de curiosités vidéoludiques, mais qui laissera la plupart des joueurs avec un goût d’inachevé.

Merci à Crit42 Studio pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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