La télévision québécoise a toujours eu le don de proposer des séries qui savent marier le drame humain avec une touche d’originalité. Avec Plan B, diffusée pour la première fois en 2017, on a eu droit à un concept aussi intrigant qu’émouvant : et si on pouvait retourner dans le passé pour corriger nos erreurs?

La première saison met en scène Louis Morissette dans le rôle de Philippe, un avocat ambitieux, mais dont la vie personnelle et professionnelle est en train de s’écrouler. Au départ, Philippe est coincé dans une relation compliquée avec sa copine Évelyne (jouée par Magalie Lépine-Blondeau). Leur histoire bat de l’aile et, pour lui, tout semble sur le point de s’effondrer. C’est à ce moment charnière qu’il découvre l’existence de Plan B, une mystérieuse agence qui offre un service… pas comme les autres.

Le concept : réécrire sa vie
L’idée de base est brillante dans sa simplicité. Plan B permet de remonter dans le temps, mais pas dans un passé lointain. On peut seulement revenir à des moments précis de sa propre vie, afin de prendre d’autres décisions. Philippe, qui est rongé par ses regrets, voit alors une porte de sortie. Convaincu qu’il peut sauver son couple et son avenir, il se lance dans cette aventure temporelle.

Mais comme on pouvait s’y attendre, rien n’est jamais simple. Chaque retour dans le passé apporte son lot de conséquences imprévues. En voulant améliorer une situation, Philippe en crée parfois de nouvelles, tout aussi douloureuses. C’est ce jeu constant entre l’illusion du contrôle et la dure réalité de la vie qui fait toute la richesse de la série.

Une histoire profondément humaine
Ce qui rend Plan B si marquante, ce n’est pas seulement le côté science-fiction du voyage dans le temps. C’est surtout le côté humain. La série met le spectateur face à une question universelle : et si j’avais fait un autre choix? Qui n’a jamais rêvé de revenir en arrière pour changer une parole, une décision, un geste?

Philippe, avec toutes ses failles et ses contradictions, devient un miroir dans lequel chacun peut se reconnaître. Il n’est ni totalement héros, ni totalement coupable. Ses efforts pour sauver sa relation sont touchants, mais ils montrent aussi ses défauts, ses obsessions, sa difficulté à lâcher prise.

Une interprétation solide
Louis Morissette, souvent associé à la comédie, surprend ici dans un rôle dramatique. Son interprétation de Philippe est nuancée, crédible et émotive. Il porte le personnage avec intensité, tout en laissant place à la vulnérabilité. De son côté, Magalie Lépine-Blondeau brille dans le rôle d’Évelyne, femme complexe, aimante, mais fatiguée des erreurs répétées de son conjoint. Leur duo à l’écran donne lieu à des moments bouleversants, parfois même difficiles à regarder tant ils sonnent vrais.

Les seconds rôles ne sont pas en reste, notamment les collègues et amis de Philippe, qui apportent des contrastes et enrichissent l’univers narratif. Chaque personnage a son importance et permet de montrer l’effet domino des choix de Philippe.

Un rythme efficace et une réalisation sobre
La réalisation mise sur une approche réaliste, presque intime. Les allers-retours temporels sont traités avec subtilité, sans surcharger l’histoire d’effets spéciaux inutiles. C’est avant tout le drame humain qui est mis de l’avant. L’ambiance visuelle et sonore soutient habilement la tension, donnant à chaque épisode une intensité qui tient le spectateur accroché.

Une réflexion qui reste
À la fin de la première saison, on réalise que Plan B n’est pas seulement une série de fiction captivante. C’est aussi une réflexion sur les regrets, la responsabilité et l’acceptation de soi. On comprend que vouloir contrôler le passé ne garantit pas un futur plus heureux. Parfois, les erreurs et les épreuves font partie intégrante de ce qui nous construit.

En ce sens, Plan B touche une corde sensible : l’idée que la perfection est impossible, et que le véritable défi est d’apprendre à vivre avec nos choix, bons ou mauvais.

Conclusion
La saison 1 de Plan B a marqué les esprits grâce à son mélange unique de drame psychologique et de science-fiction intimiste. Portée par des performances solides et un scénario intelligent, elle a rapidement conquis le public québécois. Plus qu’une simple histoire de voyage dans le temps, c’est une série qui invite à réfléchir sur nos propres vies, nos regrets et l’importance d’accepter l’imperfection.

En un mot, Plan B n’est pas seulement une fiction : c’est un miroir qui nous renvoie à nos propres choix et à la question éternelle et si j’avais fait autrement?

Pour écouter la série, c’est ici.

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