Un fiasco dès le premier clic
Salut à tous, c’est Coffee&Keep, votre sous-fifre attitré du Dieu Geek, toujours prêt à plonger tête première dans de nouvelles lectures pour vous en rapporter le meilleur… ou parfois, le pire. Aujourd’hui, on s’attaque à Killstagram, Vol. 1, un manhwa écrit par Ryoung Ryoung, traduit par Yeni Yeni et Françoise Chang, publié chez Kaddict, imprimé par d’AURIA en Italie et diffusé par Interforum, disponible au pix de 18.95$. Et autant être honnête dès maintenant : malgré son concept prometteur et son esthétique tape-à-l’œil, ce premier tome m’a profondément déçu. L’histoire ne parvient jamais à m’accrocher, les personnages m’ont laissé indifférent, et je n’y ai trouvé ni tension, ni émotion, ni la moindre raison de m’investir davantage. Bref, je n’ai vraiment pas aimé ce tome, et je ne vois tout simplement pas l’intérêt de poursuivre cette série.

PS : À la toute fin de cette critique, je vous laisse le méga gros spoiler de la conclusion de la série, disponible sur Webtoon à l’épisode 49.

Synopsis avec spoilers (c’est trop mauvais)
Killstagram tourne autour de Do Remi, une jeune influenceuse suivie par plus d’un million d’abonnés sur sa page Allsta. Elle affiche un tempérament complètement cinglé, perd souvent les pédales et fait subir ses sautes d’humeur à tout son entourage, quitte à devenir violente par moments. Persuadée d’être l’une des plus belles, elle se contrefiche totalement des aspects négatifs des gens qui l’entourent. Le point de départ de l’histoire, c’est que sa meilleure amie tente de l’avertir de l’existence d’un tueur en série surnommé « le Fantôme d’Allsta ». Mais Remi, bornée, refuse d’écouter. Après une dispute, son amie décide de couper les ponts. Le soir même, Remi reçoit la visite d’un étrange individu et une scène de violence s’ensuit. Le lendemain, elle reçoit un message d’excuses de cette même amie et l’invite chez elle… pour finalement se retrouver nez à nez avec un véritable détraqué mental qui n’a qu’un seul objectif : lui faire du mal. La raison ? Il se croit son ami, s’est senti ignoré — ou quelque chose du genre — et décide de la punir.
Vous voyez le genre ?
Idéalement, l’histoire semble vouloir être un récit à valeur d’avertissement… et c’est probablement le seul point positif que je peux lui accorder.

Des personnages creux et sans saveur
Voici en gros ce que j’ai pensé de l’histoire : les personnages ne sont pas attachants, n’ont aucune profondeur et manquent cruellement de personnalité dans leurs diverses interactions. La protagoniste, Remi, se croit trop belle pour les autres et agit comme si tout le monde devait la connaître, comme si chacun lui était inférieur et forcément contre elle. À la moindre contrariété, elle réagit avec une violence disproportionnée, convaincue d’être en position de supériorité. Pour ceux qui la connaissent vraiment, elle a la réputation d’être une fille qui ne fait que semer le trouble, et honnêtement, il n’y a aucune raison de chercher à approfondir qui elle est ou comment elle en est arrivée là.

Quant au « Fantôme d’Allsta », le grand méchant de l’histoire, aucune véritable explication n’est donnée sur les raisons qui l’ont poussé à devenir psychopathe, ni sur ce qui alimente sa violence obsessionnelle à vouloir blesser et tuer Remi. Il est présenté comme un stalker de première classe — représentant sans doute une certaine frange malsaine de la population réelle, prête à fouiller jusqu’au moindre détail publié en ligne par leurs cibles — mais rien ne vient justifier son passage à l’acte. Il reste désespérément vide comme personnage.

En fait, tous les personnages sont plats, sans rien de marquant ni de surprenant, et leurs réactions laissent un véritable désert d’incompréhension quant aux choix qu’ils font.

Un style visuel indigeste et bâclé
C’est ici que ça se corse. Pour un Webtoon, le style de dessin de Killstagram n’a absolument rien de remarquable et laisse énormément à désirer. Les planches semblent à peine retravaillées : les scènes sont vides, les décors volontairement effacés, comme si l’on cherchait à masquer l’environnement plutôt qu’à nous y plonger. Les personnages manquent cruellement de détails, le jeu d’ombres est raté, et on ressent un manque total de compréhension des proportions entre les personnages et leur environnement. On ne sait jamais où diriger notre regard : est-ce le sang ? le visage ? la blessure ? l’arme ? le décor ? Tout est flou, confus, sans hiérarchie visuelle. L’ensemble donne l’impression d’un vomis visuel, comme un repas improvisé avec des restes de frigo : censé combler un appétit immédiat, mais laissant surtout un mauvais goût dans la bouche. J’ai rarement vu une œuvre avec un tel manque d’investissement artistique apparent.

Le seul point lumineux: un message de prudence
Et c’est ici que j’en arrive au seul et unique point positif : le thème abordé. L’auteur semble avoir voulu créer une histoire à valeur d’avertissement, destinée à sensibiliser les influenceurs et influenceuses — et, plus largement, toute personne active sur les réseaux sociaux — aux dangers de l’exposition en ligne. L’idée est simple : évitez de divulguer en direct votre emplacement, vos lieux fréquentés et les détails personnels que vous partagez publiquement. Voilà, c’est ça le seul véritable message à retenir : faites attention à ce que vous publiez. C’est tout.

Une œuvre trash qui n’a rien d’autre à offrir
Voilà ce que je pense véritablement de cette histoire. Honnêtement, je ne vois pas l’intérêt de proposer une œuvre aussi peu raffinée, peuplée de personnages au manque de cohésion flagrant, le tout accompagné de dessins qui donnent l’impression d’avoir été réalisés par un élève de troisième année rêvant un jour de créer une bande dessinée (ou dans ce cas-ci, un Webtoon), sans jamais chercher à approfondir son art. Franchement, je n’ai pas grand-chose de positif à dire sur cette œuvre et, comme je l’ai mentionné dès le départ, j’ai décidé de ne pas poursuivre la lecture après cette première expérience que je qualifierais sans hésiter de foutage de gueule. C’est triste à dire, mais c’est véritablement la première fois que je vous livre une critique dans laquelle je n’ai trouvé qu’un seul point digne d’être mentionné : le thème. Je vous laisse donc cette critique avec une note aussi pitoyable que ce que vous y trouverez.

SPOILERS : À la toute fin de l’épisode (chapitre) 49, Remi finit par se suicider. Voilà le spoiler: on assiste à tout ce parcours pour qu’elle finisse par abandonner et s’enlever la vie.

Merci à Interforum pour la copie du livre.

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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