Un tactical-RPG en phase de test
Jeu de rôle de science-fiction tactique au tour par tour, la version de Space Scum à laquelle j’ai joué était en mode test (playtest). Au moment d’écrire ces lignes, j’attends encore la sortie de la version finale.

Monter son escouade de mercenaires
Malgré son état incomplet, je me suis bien amusé. Dès le départ, le joueur doit constituer une équipe de mercenaires composée d’humains, d’hommes-lézards (Varansaur) et/ou de robots. Une fois l’escouade formée, le jeu propose une histoire assez classique de trahison et de vengeance : l’objectif est de découvrir qui est le salaud responsable du piège. Puis, on lance le joueur et son équipe dans un premier combat…

Entre Battle Brothers et XCOM
La ressemblance avec Battle Brothers saute immédiatement aux yeux : personnages représentés par des bustes, cases hexagonales pour le déplacement et environnement en 2D. Comme il s’agit d’un univers de science-fiction, on y retrouve surtout des armes à feu. Cela pousse à placer ses mercenaires derrière des tables, des murs ou d’autres décors pour réduire les chances de se faire toucher. La mécanique rappelle fortement celle de la série XCOM, avec le petit bouclier bleu qui apparaît lorsqu’on se met à couvert.

Corps à corps ou tirs à distance
Il est aussi possible de se battre avec des armes de corps à corps. C’est tout aussi ravageur — autant pour l’attaquant que pour la cible. Le joueur doit donc trouver le bon équilibre entre combat à distance et affrontements rapprochés. Pendant les batailles, le jeu indique les probabilités de réussite des attaques — un classique du genre tactique — jusqu’à ce que tout se termine dans un bain de sang. Ici, pas de censure : les têtes qui explosent sont monnaie courante. Le graphisme 2D, au style bande dessinée, s’anime de façon simple, rappelant un peu les jeux « Flash » d’autrefois.

Exploration et missions secondaires
En dehors des combats, on explore la planète à bord d’un véhicule motorisé à six roues, voyageant d’un avant-poste à l’autre ou dans diverses agglomérations pour faire progresser la quête de vengeance. On peut également accepter des missions secondaires assez rudimentaires, comme effectuer des livraisons ou exterminer des nuisibles.

Une planète procédurale au parfum rétro
Générée de façon procédurale, la planète ainsi que ses avant-postes changent à chaque partie. Sole Survivor Games, les développeurs derrière Space Scum, annoncent qu’il y aura plusieurs mondes à explorer. Pour l’instant, seule une planète désertique est accessible, accompagnée d’une musique parfaite qui rappelle beaucoup la bande sonore du film Turbo Kid : un synthwave pop électronique tout droit sorti des années 80.

Pas encore au niveau des XCOM
Clairement, ce n’est pas encore au niveau des XCOM, malgré des mécaniques très similaires. D’ailleurs, la bande-annonce laisse entrevoir des améliorations liées à un vaisseau volant — peut-être une future base ? — mais ce n’est pas encore disponible dans le jeu. L’idée intrigue.

Une difficulté assumée
La difficulté est au rendez-vous, ce qui est normal pour ce type de jeu. La survie est mise de l’avant et il est tout à fait attendu de perdre des mercenaires en chemin. Les robots sont particulièrement efficaces en début de partie : souvent plus solides que les hommes-lézards et les humains, ils ne gagnent cependant pas d’expérience et doivent être améliorés avec des composants matériels achetables. Le problème, c’est qu’on ne les trouve généralement que dans une seule ville. Comme les déplacements coûtent souvent des ressources déjà rares, on évite de multiplier les allers-retours, ce qui limite l’évolution des robots.

Potentiel à exploiter
Le jeu possède une mécanique intéressante, mais pour l’instant, l’histoire quasi inexistante pousse surtout les joueurs à se concentrer sur la création d’équipes puissantes afin d’accomplir les contrats disponibles et purger la planète de ses menaces. On sent qu’il reste encore beaucoup de contenu à développer, ce qui pourrait propulser Space Scum au rang de jeu offrant des heures de plaisir aux amateurs de jeux de rôle tactique. Pour l’instant, la dynamique de combat devient répétitive un peu trop rapidement, malgré la variété des armes. À noter que chaque arme confère des habiletés spécifiques au mercenaire qui l’utilise, un peu comme les armes dans le jeu de rôle sur table Donjons & Dragons version 2024.

Space Scum a des bases solides et une identité déjà marquée : tactique exigeante, ambiance science-fiction saupoudrée de gore façon bande dessinée, et une direction musicale rétro qui fonctionne à merveille. Cependant, il souffre pour l’instant d’un contenu narratif trop mince et de combats qui deviennent répétitifs malgré une variété d’armes intéressante. Le potentiel est réel, mais encore loin d’être totalement exploité. Je lui donne un 6.5/10, mais il a le potentiel d’un 8/10.

Merci à Forklift pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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