
Une dernière prière qui manque de souffle
Bon, faut se le dire d’entrée de jeu : The Conjuring: Last Rites arrive avec le poids d’un héritage costaud sur les épaules. C’est censé être le dernier chapitre de la saga des Warren, ce couple mythique de chasseurs de fantômes qui nous a fait frissonner depuis 2013. Mais est-ce que ce dernier tour de piste est à la hauteur de ses prédécesseurs? Mettons que c’est un peu comme une messe trop longue : y’a des beaux moments, mais on regarde souvent l’heure.
Un dernier cas aux allures personnelles
Réalisé par Michael Chaves, le même qui nous a donné The Devil Made Me Do It, Last Rites tente de redorer son blason après un troisième volet qui avait laissé bien des fans sur leur faim. Cette fois, on plonge dans l’enquête des Smurl, une famille de Pennsylvanie aux prises avec une entité malveillante qui s’acharne sur eux à coups de phénomènes paranormaux et de manifestations violentes. L’élément déclencheur? Un miroir antique qui avait déjà croisé la route des Warren dans les années 60.

Le film commence fort avec une scène d’ouverture en 1964 où Lorraine, enceinte, touche le miroir et déclenche une série de visions atroces. Ça met la table pour une histoire qui se veut plus personnelle, plus intime. On sent que les enjeux sont élevés, surtout pour Ed et Lorraine qui, cette fois, sont à la retraite et donnent des conférences dans des universités où les étudiants semblent plus intéressés par les Ghostbusters que par les vrais dossiers de possession.

Du style, mais un rythme poussif
Côté réalisation, Chaves s’améliore. On sent qu’il a appris de ses erreurs. Certaines scènes sont magnifiquement orchestrées, avec une tension bien dosée et des sursauts efficaces. La cinématographie d’Eli Born est franchement réussie, c’est probablement la meilleure raison d’aller voir le film sur grand écran. Les effets sonores et la musique de Benjamin Wallfisch, par contre, sont un peu trop envahissants. On dirait qu’ils essaient de compenser pour un scénario qui manque de mordant.
Le gros hic, c’est le rythme. Le film s’étire, s’alourdit avec des dialogues sur la foi et la religion qui tournent en rond. On perd le fil de l’enquête principale à force de vouloir boucler trop de sous-intrigues. Judy, la fille des Warren, se fiance, ce qui inquiète papa Ed… mais cette trame secondaire n’apporte pas grand-chose à l’histoire.

Un adieu en demi-teinte
Patrick Wilson et Vera Farmiga, eux, sont fidèles à leur réputation. Leur chimie est intacte, leur jeu est solide, et ils réussissent à donner de la profondeur à leurs personnages malgré un scénario qui les sert moyennement. On aurait aimé les voir dans un dernier volet plus percutant, plus audacieux.
En résumé, The Conjuring: Last Rites n’est pas un navet, mais c’est loin d’être un feu d’artifice. C’est une conclusion correcte, sans éclat, qui aurait mérité un peu plus de nerf et un peu moins de sermons. Les fans de la franchise vont y trouver leur compte, surtout pour dire adieu aux Warren, mais ceux qui espéraient un retour en force vont rester sur leur appétit. Une dernière prière qui manque de ferveur.



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