L’avant-dernière plongée dans les ténèbres du folklore
Salut à tous, c’est Thibni, votre sous-fifre attitré du Dieu Geek, fidèle au poste pour vous guider dans ce voyage au cœur du folklore japonais avec Yokai Wars. Aujourd’hui, j’entame le 9e tome — une véritable brique de 242 pages — qui poursuit cette histoire riche en mystères et en combats surnaturels. Je vous propose de plonger à nouveau dans les ténèbres, là où le monde change de plus en plus et où le peuple japonais commence à faire appel à un dieu oublié d’autrefois.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore la série, un petit rappel du prémisse s’impose. Nous sommes dans le présent, lorsqu’apparaissent des corps aux côtés de stèles, donnant naissance à la légende macabre du “Tueur à la Stèle”, semblable à un tueur en série. Ces événements se multiplient jusqu’à ce que nous fassions la connaissance du protagoniste, Masora Kuriyagawa, un jeune adolescent qui, grâce à son ingéniosité, parvient à vaincre un Yokai. C’est ainsi que débute l’histoire du Village des Yokai, où d’autres survivants se joindront peu à peu à lui.

Après de rudes combats, Masora et ses compagnons finiront par croiser la route de Shizuru Yatagami, un être possiblement humain, mais redoutable adversaire. Sa défaite marque le retour d’une certaine paix pour le groupe, même si, dans le monde réel, une étrange construction — l’Ishigami, une tour percée de trous — fait son apparition. À partir de là, une secte voit le jour et commence à prêcher un retour à la “véritable nature du Japon”, un message qui devient rapidement le cri de ralliement de ses adeptes.

Le 9e tome, paru le 4 avril 2025 et vendu au prix de 15,95 $, est signé Misakix Yumisaki. La série comptera en tout 10 tomes, et nous approchons donc de sa conclusion. C’est avec l’avant-dernière critique que je vous invite à replonger dans cet univers… et préparez-vous : il y a du lourd !

Le Japon au bord du chaos
Dans le tome précédent, nous avions découvert la terrible conséquence d’un pouvoir ultime utilisé à outrance : l’un des participants a fini par succomber à son propre sort, malgré lui. C’est dans ce contexte sombre que Masora Kuriyagawa et Tsugiharu Shizukuishi se sont retrouvés face à deux adversaires redoutables : le Yokai surnommé l’Oni et le mythique Yamata no Orochi.

C’est à ce moment critique que nous reprenons l’histoire. Alors que tout semblait perdu, Tsugiharu finit par éveiller son pouvoir ultime, tandis que Masora affronte Yamata avec une détermination farouche. Contre toute attente, les deux en sortent vivants… mais au prix d’un équilibre désormais brisé.

De retour dans le monde des vivants, la situation dégénère : de nouveaux Ishigami apparaissent et la Secte diffuse un message en direct sur internet, appelant toute la nation à “retrouver sa véritable nature”. Le groupe n’a désormais plus d’autre choix : mettre un terme aux agissements de Shizuru Yatagami, dont le plan machiavélique menace de libérer une marée sans fin de Yokai à travers le Japon.

Dans ce tumulte, de nouvelles révélations émergent autour du village de Sozenmaru : son histoire, son identité et son rôle caché au sein du récit. C’est aux derniers survivants qu’il reviendra de se battre côte à côte pour vaincre Shizuru une bonne fois pour toutes… et empêcher le pays tout entier de sombrer dans les ténèbres.

Scénario, personnages et spiritualité – Quand l’histoire nourrit la fiction
L’histoire devient absolument renversante à partir de ce tome. En tant que passionné de l’histoire du Japon, j’ai ressenti ici un véritable renouvellement de la profondeur culturelle. Cela prouve qu’un artiste comme Misakix, lorsqu’il mène des recherches approfondies et qu’il puise dans ses racines, est capable de livrer une œuvre à la fois riche et percutante.

Afin de mieux comprendre cette dimension, voici ce que mes propres recherches m’ont permis de confirmer — ma petite touche spéciale pour expliquer pourquoi ce volume a tant ébranlé mon cœur de passionné.

Mention spéciale sur la spiritualité et l’histoire
Dans Yokai Wars 9, l’auteur ajoute une dimension spirituelle fascinante à travers le personnage de Shizuru Yatagami, obsédé par l’idée de ramener le peuple japonais à ce qu’il considère comme sa véritable identité : un peuple soumis à une religion originelle et aux dieux oubliés. Cette quête, qui frôle le fanatisme, s’ancre dans une inspiration historique bien réelle. La ville fictive de Sozenmura est ainsi reliée au mystérieux pays de Yamatai, mentionné dans plusieurs textes anciens mais dont la localisation exacte reste encore aujourd’hui un mystère.

Le témoignage le plus célèbre est le Gishi Wajinden, un texte chinois authentique de plus de 20 000 caractères, rédigé entre 233 et 297 par Chen Shou dans les Chroniques des Trois Royaumes (Sanguozhi). Ce chapitre, intitulé « Les gens de Wa dans la Chronique du Royaume de Wei », décrit les « pays de Wa » situés à l’est de la Chine, accessibles par mer, et évoque surtout la légendaire reine Himiko. Une figure qui a traversé les siècles jusqu’à inspirer la culture populaire moderne — souvenez-vous de son apparition dans Tomb Raider.

En intégrant ce fragment d’histoire dans son récit, l’auteur de Yokai Wars ne fait pas qu’étoffer son univers : il brouille habilement la frontière entre mythe, spiritualité et mémoire historique, offrant à son intrigue une profondeur qui dépasse de loin le simple cadre du manga.

Entre tradition et lourdeur maîtrisée
Bien que cette série soit passionnante par la richesse de ses informations, autant sur l’histoire que sur le lore imaginé par Misakix, je dois avouer que ce neuvième tome m’a paru plus lourd que les précédents. Il faut comprendre que Yokai Wars est une œuvre dense : ses tomes, plus volumineux que la moyenne, regorgent de contenu. Cela peut parfois sembler condensé, mais malgré cette densité, Misakix parvient à livrer une histoire solide, profonde et remarquablement fluide. J’ai moi-même été surpris d’avoir ressenti une certaine fatigue à la lecture, tout en étant happé par la puissance du récit.

Ce type de manga s’adresse clairement aux lecteurs qui ont soif d’une lecture exigeante, avec une trame riche, un contexte bien fondé, et de multiples allusions à des éléments réels qui résonnent avec notre époque. Malgré ce poids narratif, Yokai Wars reste une œuvre capable de divertir pleinement, page après page.

Graphiquement, toutefois, un point mérite d’être souligné : l’utilisation fréquente de zones blanches hors contexte, qui peuvent casser légèrement le rythme visuel et détourner l’attention du lecteur de l’émotion ou de l’action que le dessinateur souhaite transmettre. Cela dit, la qualité du trait demeure indéniable. L’œuvre se distingue par une esthétique qui rappelle les grandes traditions artistiques japonaises, s’inspirant clairement des styles anciens pour les adapter au format manga.

À mes yeux, c’est un véritable accomplissement : avoir su puiser dans l’héritage des arts visuels du Japon d’antan pour donner naissance à une série moderne. Même si je la qualifierais de “succès moyen” en termes de reconnaissance publique, elle mérite bien plus d’attention, tant l’effort de recherche et de construction de l’auteur force le respect.

Une lecture exigeante mais marquante
Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce tome, c’est la profondeur culturelle qu’il dégage : l’ancrage historique, les références spirituelles et le rôle de Shizuru Yatagami donnent une force unique au récit. J’ai été touché par la façon dont Misakix réussit à mêler histoire réelle et fiction, rendant chaque révélation encore plus percutante. Ce qui m’a un peu dérangé, en revanche, c’est la lourdeur de certaines pages, parfois trop chargées en texte ou en blanc inutiles, ce qui casse le rythme de lecture. Mais malgré ces petites faiblesses, j’ai été sincèrement surpris par la maturité et la richesse de ce volume, qui confirme pourquoi Yokai Wars reste une série à part.

Un avant-goût de la fin
Ce tome s’adresse avant tout aux lecteurs qui aiment les récits riches, denses et ancrés dans la culture japonaise, avec une bonne dose de spiritualité, de mystère et de combats surnaturels. Ceux qui recherchent une lecture rapide ou légère risquent de trouver la série trop exigeante, mais les passionnés d’histoire et de folklore y trouveront un terrain fertile.

Verdict final
Yokai Wars 9 est une avalanche de contenu, exigeante mais profondément marquante, qui prépare le terrain pour une conclusion que l’on devine grandiose.

Merci à Interforum pour la copie du livre.

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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