Un retour attendu pour Benoit Blanc 
Après le succès de À couteaux tirés, Rian Johnson revient en 2022 avec Glass Onion, toujours porté par Daniel Craig dans le rôle du détective Benoit Blanc. Cette fois, l’enquête se déroule loin des manoirs brumeux: direction une île privée en Grèce, propriété du milliardaire excentrique Miles Bron (Edward Norton). Ce dernier invite un groupe d’amis tous hauts en couleur pour un week-end qui vire rapidement au meurtre. Blanc, convié presque par hasard, se retrouve à démêler un nouveau casse-tête.

Un décor ensoleillé pour un mystère tordu
Le changement de décor est l’un des points forts du film. Johnson troque l’ambiance feutrée et automnale du premier opus pour une lumière éclatante, des paysages méditerranéens et une esthétique plus pop. Cette luminosité contraste avec la noirceur des secrets que cachent les invités. Le titre “Glass Onion” littéralement “oignon de verre” illustre bien la structure du récit : des couches à éplucher, mais avec une transparence trompeuse.

Un casting haut en couleur 
En plus de Craig et Norton, le film aligne Janelle Monáe, Kathryn Hahn, Dave Bautista, Kate Hudson et Leslie Odom Jr. Chacun incarne un archétype satirique : influenceur, politicienne, créatrice de mode, scientifique… Johnson s’amuse à caricaturer les travers de l’élite contemporaine, tout en donnant à chaque personnage un rôle précis dans l’intrigue. Janelle Monáe, en particulier, se démarque par une performance nuancée et surprenante.

Une écriture maligne et pleine de faux-semblants 
Comme dans le premier film, Johnson joue avec les codes du whodunit. Il dévoile certaines cartes plus tôt qu’on ne l’attend, puis retourne la situation avec de nouveaux points de vue. Le spectateur est constamment invité à remettre en question ce qu’il croit savoir. L’humour est présent, parfois mordant, et les dialogues sont ciselés. Le scénario intègre même des clins d’œil à la pandémie de Covid, utilisés comme toile de fond pour situer l’action dans notre époque.

Un rythme maîtrisé malgré quelques longueurs 
Avec ses 2h20, Glass Onion prend le temps d’installer ses personnages et ses enjeux. Si le milieu du film ralentit légèrement, la seconde moitié relance l’intérêt avec des révélations bien placées. La mise en scène, fluide et inventive, garde l’œil du spectateur en éveil, et la musique de Nathan Johnson accompagne parfaitement l’ambiance à la fois ludique et tendue.

En résumé 
Glass Onion réussit à se distinguer de son prédécesseur en changeant radicalement de décor et de ton, tout en conservant l’intelligence et la malice de l’écriture de Rian Johnson. C’est un divertissement élégant, porté par un casting solide et un détective toujours aussi savoureux. Moins feutré mais plus flamboyant, ce deuxième volet confirme que Benoit Blanc a encore beaucoup d’énigmes à résoudre.

Pour écouter le film, c’est ici.

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