
Une quête de vengeance en terre étrangère
On aime ça, les histoires de vengeance, même si on sait très bien que ça finit toujours par une fin qui est soit moralisante, soit qui laisse le personnage principal avec un goût amer. Du moins, beaucoup de scénarios de films, de livres et même, comme le média qui nous intéresse ici, le manga, se déroulent comme ça. Frank Le Dieu Geek aime beaucoup ce genre d’histoire, c’est pourquoi, lorsque ses yeux sont tombés sur Issak de Shinji Makari et dessiné par l’artiste Double-S, il n’a pas pu s’empêcher d’ajouter ce titre à sa collection. Pour ajouter à mon envie de lire ce titre, traduit en français par les éditions Ki-oon, sur la couverture anglaise on pouvait lire que c’était Vinland Saga qui rencontrait Shogun… On vient de mettre les attentes très élevées sur ce titre. Allons donc voir ce qu’il en est.
Un samouraï au cœur de l’Europe en guerre
En 1620, la guerre fait rage en Europe entre les catholiques et les protestants. Dans la forteresse de Fuchsburg, en Allemagne, des réfugiés affluent de toute la région. Parmi eux se trouve Issak, un guerrier japonais au talent de tireur inégalé. Avec ses longs cheveux noirs, ses yeux bridés et sa longue lame, il ne passe pas inaperçu. Parti de sa terre natale, le Japon, Issak combat en tant que mercenaire aux côtés des protestants.
Son but : laver l’honneur de son maître assassiné. Le meurtrier se trouve du côté des catholiques, et Issak parcourt les champs de bataille pour le retrouver. Toutefois, cette fois, la situation est désespérée : cernée par l’ennemi, Fuchsburg semble vouée à la destruction… Le samouraï errant parviendra-t-il à changer le cours de l’histoire ?
Une fresque historique vue par un étranger
Mes amis, on a ici une pépite et nous ne sommes qu’au volume 1. Amateurs de séries historiques, nous sommes servis. Cette histoire se déroule pendant la guerre de Trente Ans au cœur du Saint-Empire germanique, où les catholiques et les protestants se sont livrés une guerre civile particulièrement intense.
Il est intéressant d’assister à ce conflit d’un point de vue extérieur, car Issak, venant du Japon, a un regard détaché sur cette guerre basée sur des croyances religieuses. Dès ce premier volume, la violence de cette époque frappe de plein fouet et le scénario de Shinji Makari présente bien les tensions qui régnaient chez les habitants de l’Allemagne.
Le personnage d’Issak est l’incarnation du guerrier japonais : droit, calme et… fait vraiment intéressant, c’est son arme ! Même s’il a un look qui fait penser à celui d’un samouraï, son arme de prédilection n’est pas sa lame, mais bien un long mousquet. Nous avons affaire ici à un tireur d’élite, ce qui fait changement du grand guerrier duelliste, surtout à une époque où les batailles se réglaient encore par des combats d’épée.
Nous avons donc un scénario qui semble simple, mais une intrigue qui s’installe lentement. Une quête de vengeance dont l’ennemi ne nous est pas encore révélé, et où le personnage monte rapidement en confiance dans l’armée protestante, ce qui ne semble pas plaire à tous.
Le style graphique de Double-S
Pour ce qui est du dessin, Double-S a mentionné que c’était la première fois qu’il dessinait des personnages en armure et des chevaux. Lors de ses cours d’histoire à l’école, il dormait sur son bureau. Je vous le dis tout de suite : ça paraît qu’il s’est mis à étudier, car on a ici un dessin splendide qui plaira aux fans de Vinland Saga et aux amateurs de réalisme historique.
Nous avons ici une œuvre sérieuse, sans caricature, qui cherche à respecter une certaine authenticité. Certaines pages sont de vraies fresques artistiques. Cependant, j’en ai déjà parlé dans le podcast Les aventures d’un Otaku, mais j’ai beaucoup de difficultés avec les arrière-plans vides. Je sais que c’est pour mettre l’accent sur l’avant-plan, mais moi j’ai de la misère avec cette méthode, surtout quand elle est utilisée trop souvent. Double-S utilise cette technique, mais je dois dire que cette fois, ça ne m’a pas trop dérangé. Je ne sais pas si c’est à cause de la qualité du dessin, mais ici, ça colle.
Pour ce qui est du design des personnages, Double-S s’est beaucoup inspiré de l’Europe du XVIIe siècle qui regorge de diversité vestimentaire, surtout dans ce conflit entre l’Espagne et l’Allemagne. Les gens de la forteresse portent des habits de paysans. Comme les nobles sont en période de guerre, armures et épées sont de mise. Du côté des Espagnols, on retrouve le fameux morion, casque à crête haute. La noblesse porte fièrement la fraise, ce col immense qui mettait en valeur le visage.
Fait cocasse : la fraise était interdite en France sous le règne de Louis XIII. Devenue désuète, elle servait surtout à caricaturer les Espagnols.
Verdict
Finalement, Issak volume 1 est une lecture sublime qui met sur la table un scénario puissant accompagné d’un dessin percutant. Une série qui s’annonce très intense et combien intéressante.
Merci à Interforum pour la copie du livre.

Pour se procurer le manga, c’est ici.


Laisser un commentaire