Dès que l’on lance Senua’s Saga : Hellblade II, on comprend rapidement que l’on ne s’apprête pas à vivre une aventure comme les autres. Ninja Theory signe ici bien plus qu’un simple jeu vidéo : c’est une plongée viscérale dans un univers brutal, mystique et profondément humain. Sorti initialement en mai 2024 sur Xbox Series X/S et PC, il fera enfin son arrivée sur PlayStation 5 dès le 12 août 2025 dans une version Enhanced enrichie d’améliorations techniques et de nouveaux contenus.

L’histoire reprend là où le premier épisode s’était arrêté, mais sans nécessiter de tout connaître par cœur. On retrouve Senua, guerrière celte hantée par ses traumatismes et sa psychose, dans une Islande du IXe siècle aussi sublime que terrifiante. C’est un récit de vengeance, de survie et d’acceptation de soi, porté par une direction artistique d’une rare intensité.

Des visuels à la frontière du réel
Visuellement, Hellblade II est une véritable claque. Grâce à l’Unreal Engine 5, Ninja Theory offre un rendu qui tutoie le photoréalisme. Chaque plan pourrait être capturé et encadré. Les visages, notamment celui de Senua, sont modélisés avec un réalisme impressionnant : on distingue chaque pore, chaque éclat d’humidité dans les yeux, chaque frémissement de lèvres.

Les décors, inspirés des paysages d’Islande, alternent entre immensité sauvage et recoins oppressants. On traverse des plages volcaniques battues par les vents, des falaises vertigineuses, des forêts embrumées, des cavernes où la lumière ne pénètre que par de fines fissures. Le jeu joue énormément avec l’éclairage et les contrastes, ce qui renforce l’impact émotionnel de chaque scène.

Le travail sur les textures, la densité de la végétation, le mouvement de l’eau ou encore la dynamique des particules dans l’air contribue à cette sensation d’immersion totale. On ne « regarde » pas simplement l’environnement : on le ressent.

Un univers sonore qui hante et fascine
S’il fallait retenir un aspect qui élève encore plus l’expérience, c’est bien le travail sonore. Hellblade II utilise un mix binaural d’une précision chirurgicale. Avec un bon casque, les voix dans la tête de Senua semblent provenir de toutes les directions, comme si elles chuchotaient directement à notre oreille.

Ces voix, parfois rassurantes, parfois accusatrices, sont omniprésentes. Elles doutent de nos choix, nous poussent à continuer ou nous paralysent dans nos peurs. C’est une représentation extrêmement réussie de la psychose, qui nous plonge en tant que joueur dans un état d’empathie rare.

La bande originale, mêlant chants nordiques, percussions sourdes et nappes atmosphériques, s’accorde parfaitement à l’ambiance. Elle sait se faire discrète dans les moments d’introspection et se déchaîner lors des séquences de tension extrême. Chaque bruit, du craquement du bois à la résonance des armes, est travaillé pour accentuer la sensation de réalisme.

Un gameplay minimaliste mais viscéral
Ninja Theory a fait le choix d’un gameplay épuré. Ici, pas de menus surchargés ni de mécaniques complexes : l’objectif est de vous garder immergé dans l’instant. Les combats sont probablement les moments les plus intenses. Ils se déroulent en duels rapprochés, sans barre de vie visible, uniquement à travers la lecture des mouvements ennemis et la gestion des esquives, des parades et des attaques. Chaque coup porté ou reçu est lourd, brutal, avec une mise en scène qui rappelle les chorégraphies du cinéma, mais avec un ressenti physique bien plus fort.

Les énigmes, elles, ne sont jamais là pour vous ralentir artificiellement. Elles consistent souvent à observer l’environnement, à aligner des formes ou à repérer des symboles cachés rien de vraiment compliqué. C’est un travail d’attention et de perception qui se fond naturellement dans la narration. Ce choix de minimalisme rend le jeu très linéaire. On suit un chemin balisé, avec peu d’opportunités d’exploration libre. Cela peut frustrer les amateurs de mondes ouverts, mais cette structure sert parfaitement la tension et la narration, évitant toute dispersion.

Une aventure courte mais marquante
Hellblade II se termine en environ huit heures. Cela peut sembler court, mais cette durée est entièrement mise au service de l’intensité. Aucun moment ne sonne comme du remplissage : chaque séquence a une fonction narrative ou émotionnelle précise.

Le rythme alterne entre des phases de contemplation, où l’on prend le temps d’absorber la beauté ou la menace d’un lieu, et des pics de tension où tout s’accélère. On passe d’un moment presque méditatif à un combat désespéré en quelques secondes, ce qui maintient un engagement constant. Cette compacité fait aussi que l’histoire laisse une empreinte durable. On sort de l’aventure avec le sentiment d’avoir vécu quelque chose de complet, sans avoir été submergé par des heures de contenu secondaire.

La version Enhanced sur PS5 – Un atout majeur
L’arrivée sur PS5 le 12 août prochain ne se limite pas à un simple portage. La mise à jour Enhanced apporte plusieurs nouveautés significatives :

Mode Performance en 60 FPS (sauf sur Xbox Series S) pour une fluidité accrue.
Mode “Dark Rot”, reprenant une mécanique du premier opus qui ajoute une pression supplémentaire en cas de mort répétée.
Mode photo enrichi, permettant de capturer des images ultra-précises et même des séquences vidéo en qualité cinématographique.
Commentaire des développeurs, donnant des clés sur la création et les choix artistiques.
Optimisations pour PS5 Pro avec une meilleure résolution dynamique et la technologie PSSR (PlayStation Spectral Super Resolution) pour un rendu encore plus net.

Ces ajouts ne transforment pas l’expérience en profondeur, mais ils l’enrichissent et la rendent plus adaptable aux envies de chacun.

Une immersion totale au service de l’émotion
Ce qui frappe le plus dans Hellblade II, c’est à quel point chaque élément visuel, sonore et narratif travaille ensemble pour créer une sensation totale. Vous n’êtes jamais coupé par des écrans de chargement longs, des menus envahissants ou des mécaniques inutiles. Tout est là pour maintenir l’illusion que l’on accompagne réellement Senua dans son voyage.

La psychose de l’héroïne est représentée avec un respect et une justesse remarquables. Plutôt que de la réduire à un simple effet de style, Ninja Theory en fait le cœur du récit et du gameplay. Les voix, les visions, les déformations de la réalité ne sont pas que des artifices : elles façonnent la manière dont on perçoit et interagit avec le monde.

C’est cette approche, à la fois intime et grandiose, qui rend le jeu unique. On n’incarne pas seulement Senua : on partage son fardeau, ses peurs et ses rares instants de paix.

Un voyage qu’on n’oublie pas
Senua’s Saga : Hellblade II n’est pas conçu pour occuper des semaines entières. Ce n’est pas un monde ouvert truffé de quêtes annexes et de collectibles. C’est une expérience dense, pensée pour être vécue intensément du début à la fin, et pour laisser une empreinte émotionnelle forte.

Si vous cherchez un jeu qui combine beauté visuelle, immersion sonore et narration puissante, c’est une œuvre incontournable. La version Enhanced sur PS5 promet de sublimer encore cette odyssée, offrant aux joueurs Sony l’une des expériences les plus impressionnantes et immersives disponibles sur la console.

On en ressort à la fois admiratif et marqué, avec la sensation d’avoir traversé un récit qui ne pouvait exister que sous cette forme, entre cinéma et jeu vidéo, entre mythe et réalité. Hellblade II est une preuve éclatante que le jeu vidéo peut être une œuvre d’art totale et que parfois, la puissance d’une histoire ne se mesure pas à sa durée, mais à l’intensité avec laquelle elle se vit.

Merci à Microsoft pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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