CRITIQUE DE JEU VIDÉO – WUCHANG: FALLEN FEATHERS

par | Août 8, 2025

Une entrée fracassante dans le monde des Souls-like
Wuchang: Fallen Feathers, développé par le studio chinois Leenzee, s’inscrit dans la lignée des action-RPG exigeants popularisés par FromSoftware. Mais là où tant d’autres clones échouent à se démarquer, Wuchang parvient à se forger une identité propre, portée par une direction artistique lumineuse, un univers inspiré de la Chine antique, et des mécaniques de jeu qui, malgré quelques maladresses, méritent l’attention.

Une héroïne marquée par la malédiction
On incarne Bai Wuchang, une jeune pirate amnésique atteinte d’une étrange maladie : l’Ornithropie. Cette infection transforme peu à peu les humains en créatures monstrueuses, leur faisant pousser des plumes et perdre la raison. Wuchang, elle, résiste encore à la folie, mais son bras gauche en porte déjà les stigmates.

Ce point de départ, bien que classique, ouvre la voie à une quête personnelle et mystique dans un monde ravagé par la guerre civile, la famine et la peste.

L’histoire, moins cryptique que celle des Souls traditionnels, reste volontairement parcellaire. Le lore se dévoile à travers les dialogues, les environnements et les interactions avec les PNJ. Plusieurs embranchements narratifs et fins alternatives viennent enrichir l’expérience, offrant une véritable liberté de choix.

Une direction artistique qui tranche
Là où Wuchang surprend, c’est dans sa direction artistique. Contrairement aux teintes sombres et désolées des Souls traditionnels, il propose des environnements colorés et variés : jungles verdoyantes, temples éclatants, cités enneigées… Leenzee a clairement voulu rompre avec la grisaille habituelle du genre — et ça fonctionne.

Visuellement, le jeu est superbe, avec des panoramas saisissants et une utilisation intelligente de l’Unreal Engine 5. Les décors, inspirés de la Chine antique, témoignent d’une attention particulière portée à l’architecture, à la flore et aux symboles culturels. Se perdre dans ce monde est un plaisir… même si certains environnements peuvent manquer de lisibilité en raison de leur densité.

Un gameplay exigeant… parfois frustrant
Côté combat, Wuchang reprend les bases du genre : attaque légère, attaque lourde, esquive, gestion d’endurance… avec une touche personnelle : la Puissance Céleste, une ressource obtenue via des esquives parfaites. Elle permet de lancer des compétences spéciales, des sorts ou des attaques puissantes. Bien pensé, ce système souffre cependant d’un certain déséquilibre.

L’héroïne est parfois lourde à manier, avec des animations longues et rigides. Les ennemis, eux, sont rapides et agressifs, créant un écart frustrant. Les boss, bien que spectaculaires, peuvent paraître injustes, avec des patterns trop rapides ou des hitboxes douteuses. La caméra, quant à elle, reste le principal ennemi lors des combats dans des espaces étroits.

Malgré cela, le jeu propose une belle variété d’armes (épée longue, hache, lance, doubles lames…) avec des compétences propres à chacune. Le système de dégainement rapide, qui permet de changer d’arme à la volée et d’enchaîner les combos, ajoute une dimension stratégique appréciable.

Une progression personnalisable et flexible
La progression repose sur le mercure rouge, équivalent des âmes dans Dark Souls. On l’utilise pour monter en niveau, améliorer ses potions, renforcer ses armes et débloquer des compétences.

Le jeu propose aussi des mécaniques originales : aiguilles d’acuponcture (qui modifient les capacités de Wuchang), bénédictions à incruster dans les armes, et une jauge de folie qui augmente la puissance… au prix de gros risques. Le système de build est flexible, et il est possible de réattribuer ses points à volonté, ce qui favorise l’expérimentation.

L’Ornithropie : au cœur du gameplay
La maladie de Wuchang n’est pas qu’un élément narratif : elle structure le gameplay. La Puissance Céleste, liée à l’Ornithropie, est essentielle pour infliger des dégâts, lancer des sorts et activer certaines compétences. Mais cette mécanique repose sur un timing serré, qui peut vite devenir frustrant.
Le jeu vous pousse à prendre des risques pour devenir plus fort, créant une tension constante et intéressante, mais parfois décourageante sans un bon équilibrage.

Level design et exploration
Le level design est labyrinthique et interconnecté, dans la plus pure tradition des Souls. On découvre des raccourcis, des zones secrètes, et chaque environnement regorge de pièges et d’ennemis embusqués.
Il n’y a ni journal de quête, ni icône, ni marqueur : tout passe par l’exploration, les discussions avec les PNJ et votre mémoire. Cette approche à l’ancienne est stimulante pour les habitués du genre, mais pourra désorienter les novices.

Un petit coup de pouce est tout de même proposé : les points de déplacement rapide indiquent quels PNJ attendent encore quelque chose de vous.

Verdict : une belle surprise, mais pas sans défauts
Wuchang: Fallen Feathers est une belle surprise dans l’univers des Souls-like. Loin de se contenter de copier FromSoftware, il propose une relecture ancrée dans la culture chinoise, avec une direction artistique audacieuse et une profondeur de gameplay notable.

Mais il souffre de plusieurs écueils : problèmes techniques, équilibrage discutable, difficulté parfois mal dosée. Si Leenzee parvient à corriger le tir via des mises à jour, Wuchang pourrait rapidement devenir un incontournable du genre.

Merci à 505 Games pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

<a href="https://gpourgeek.ca/author/djseifer/" target="_self">Pascal Emond</a>

Pascal Emond

On va faire ça bref, ....... j'aime les jeux vidéo, voilà c'est fait.