Disney+ nous présente cette semaine une nouvelle minisérie, basée sur le roman canadien d’Esi Edugyan. Disney m’ayant donné la permission de voir les quatre premiers épisodes d’avance, je vous fais part de mon compte-rendu aujourd’hui.

Une aventure historique
L’histoire, se déroulant aux alentours du 19e siècle, suit le personnage de George Washington Black, alias Wash, en deux temps. D’abord, son enfance dans une plantation de Barbaros où il était réduit en esclavage, jusqu’à ce que le scientifique Christopher Wilde, en voyant ses capacités artistiques, le libère, le prenne sous son aile, et s’enfuit avec lui.

Entre-temps, on l’observe à l’âge adulte en Nouvelle-Écosse, où, sous un pseudonyme, il travaille sur ses inventions et entre en relation avec Tanna Goff, une métisse qui tente d’échapper aux fiançailles arrangées par son père.

Washington Black' Review: Sterling K. Brown in Hulu Historical Drama

Une esthétique à la Jules Verne
La série est une histoire d’aventure qui se veut épique et surréelle, tout en restant dans les contraintes de la réalité. Ainsi, nous voyons des inventions comme des montgolfières à l’apparence « steampunk », parcourons la mer avec des pirates, explorons les fonds marins comme dans un récit de Jules Verne. Cela dit, le film se distancie du fantastique, ou de la science-fiction pure, et demeure un récit historique. Ainsi, même si une partie de moi est un peu déçue de ne pas assister à une série steampunk afro-américain, ce côté esthétique fait plaisir à voir et donne une touche visuelle distincte à la série. Le tout accentué avec les costumes et décors fidèles à l’époque.
La distribution est aussi bien effectuée. Même si aucun rôle flagrant ne sortait du lot (toujours un plaisir de voir Sterling K. Brown), chacun accomplissait bien son rôle. J’ai particulièrement apprécié la composition des pirates. Lors d’une conférence d’écrivains, j’avais interviewé un écrivain (R.M. Virtues) sur le manque de réalisme dans les histoires de pirates, et la diversité de ses composants (étant donné qu’à l’époque, plusieurs prenaient cette voie pour s’échapper de l’esclavage) semblait plus fidèle qu’à l’habitude.

Washington Black': Sterling K. Brown in Hulu Adventure Epic Trailer

Un début boiteux…
Je me serais passé de la narration au début du premier épisode. Je comprends que le but était de renforcer le côté aventure avec une introduction en narration semblable à un conte de fées, mais cela distrait plus qu’autre chose.

Aussi, le dialogue à certains moments est un peu juste. Des fois, les répliques marchent, à d’autres occasions, elles nous font sortir de l’histoire. Ce n’est pas une catastrophe, mais il faut quand même le mentionner.

Hulu's “Washington Black” is Fueled by Steampunk and Epic Adventure |  TV/Streaming | Roger Ebert

Quelques craintes…
Comme mentionné plus haut, je n’ai vu que les quatre premiers épisodes. Donc selon la suite de la minisérie, les points suivants n’auraient plus lieu d’être. Cela dit…

J’ai beaucoup de mal avec l’utilisation du personnage de Christopher Wilde, alias Titch. Non seulement il rappelle un peu trop le trope du « sauveur blanc » (c’est-à-dire quand une personne ou un groupe marginalisé ne sont pas capables de s’aider eux-mêmes sans l’aide d’un Blanc bienveillant) qui a souvent été critiqué par le passé avec des histoires comme The Blind Side ou The Help, mais ses motivations de sauver Wash sont aussi discutables. En effet, il ne le sauve pas à cause de la cruauté du système esclavagiste et du fait que chaque humain doit être traité comme un égal. Il le sauve parce qu’il lui est utile, plus que tous les autres. Ou du moins, qu’il a « fait ses preuves » pour être considéré comme un égal, pour être un « élu » parmi les autres esclaves. Et loin de contester l’idéologie derrière ce système d’oppression, ce type de raisonnement le renforce.

N’ayant vu que la moitié de la série, l’histoire a encore du temps de se rattraper et d’adresser ces points (Titch pourrait très bien être utilisé pour critiquer ses tropes problématiques). Selon de la direction de l’histoire par la suite, mon avis sur la série pourrait changer.

Merci à Disney pour la projection en avant-première.

Pour écouté la série télé, cliquez ici.

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