Après une première saison saluée pour son audace visuelle et sa fidélité à l’œuvre de Neil Gaiman, The Sandman fait son retour sur Netflix pour une seconde et… dernière saison. Une surprise pour certains, une frustration pour d’autres, d’autant plus que cette conclusion semble laisser beaucoup de questions en suspens . Le défi était donc immense : clore en beauté une saga ambitieuse qui plongeait dans les tréfonds du rêve, du cauchemar et de l’âme humaine. Alors, cette saison 2 est-elle à la hauteur des attentes?

Un univers toujours aussi envoûtant
Il faut le dire : The Sandman conserve son plus grand atout, son univers visuel et onirique. Les décors époustouflants, les royaumes fantastiques, les transitions entre monde réel et imaginé sont d’une richesse rare à la télévision. Dream (ou Morphée), entouré de ses frères et sœurs Éternels, continue d’évoluer dans un monde débordant d’inventivité. Cette esthétique soignée contribue à maintenir le spectateur dans un état de fascination continue, comme si l’on marchait entre les pages d’un roman graphique vivant.

Des ambitions scénaristiques réorientées
Mais si la forme séduit encore, le fond, lui, se disperse. Là où la première saison brillait par un scénario structuré, une montée en tension captivante et un antagoniste redoutable, cette suite choisit un virage plus introspectif. On suit Dream non plus dans une confrontation épique, mais dans une quête de réconciliation familiale, de pardon envers un amour perdu, et d’une forme de rédemption presque spirituelle.
Ce changement de ton, bien qu’intéressant sur le plan émotionnel, fragilise l’équilibre narratif. Plusieurs épisodes semblent s’égarer dans des intrigues secondaires, sans fil conducteur clair. L’histoire perd ainsi en intensité dramatique, et donne parfois l’impression de flotter, sans réelle direction.

Desire : un personnage intrigant, mais sous-exploité
Parmi les personnages marquants de cette saison, Desire tire son épingle du jeu. Présente comme une figure ambiguë et magnétique, elle aurait pu être un moteur narratif puissant. Malheureusement, son rôle reste trop en retrait, alors même qu’elle semble incarner une tension essentielle au destin de Morphée. L’ambiguïté de son personnage est là, mais l’arc narratif qui l’entoure manque de densité et de conséquences claires.

Un adieu un peu trop précipité
Avec seulement six épisodes pour conclure une saga aussi dense, The Sandman laisse une impression d’inachevé. Si les thématiques abordées (le pardon, la famille, l’identité, etc.) sont fortes, elles auraient mérité plus d’espace pour se développer. Les amateurs de la série auraient sans doute apprécié quelques épisodes supplémentaires pour explorer davantage les enjeux et approfondir les relations entre les Éternels.

Conclusion satisfaisante?
La saison 2 de The Sandman reste un plaisir visuel et un retour agréable dans un monde fascinant. Toutefois, elle souffre d’un rythme sacadé et d’un scénario moins structuré que la première. Le rêve tourne parfois au cauchemar, non pas par son contenu, mais par cette sensation persistante que la série aurait pu donner bien plus. Un dernier chapitre beau, mais inégal. À savourer comme un poème fragmenté dont on voudrait trouver la signification.

Pour écouter la série, c’est ici.

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