Bonjour à tous, ici Thibni, fidèle au poste depuis que j’ai embarqué dans cette aventure pour vous livrer mes critiques et suivre les histoires, tome après tome. Aujourd’hui, on poursuit l’aventure avec Call of the Night – Tome 4, disponible depuis le 3 février 2023 au Québec. Écrit et illustré par Kotoyama, publié chez Kurokawa et distribué par Interforum, ce tome de 192 pages est proposé à un prix très accessible de 13,95 $. La série compte actuellement 13 volumes disponibles en français, et elle a été complétée en 20 tomes le 24 janvier 2024.

Le tome 3 nous avait révélé qu’il existait plus d’un seul vampire dans cet univers, et qu’un code strict régnait parmi eux. Le tome 4, quant à lui, nous présente le revers de cette médaille. Tout se dévoile de manière douce et alléchante, tout en restant concentré — les mystères et les tensions commencent à se révéler lentement, mais sûrement…

Une nouvelle morsure, un nouveau silence
Après la création d’un tout nouveau vampire par l’une des sept vampires présentes en ville, Kô poursuit son chemin, déterminé à bâtir sa relation et à tout faire pour tomber amoureux — encore plus intensément qu’auparavant — de notre chère Nazuna. Cependant, Akki, le nouveau vampire, devra désormais respecter les règles imposées par ses semblables afin de survivre dans ce monde. Pour cela, il lui faudra disparaître de la société humaine et entamer sa nouvelle vie en tant que vampire.

Ce tome nous plonge davantage dans les défis de la vie vampirique, avec ses bienfaits… mais aussi ses méfaits. Alors que nous continuons à découvrir cet univers à travers les yeux de Kô Yamori, de nouveaux personnages font leur apparition — tout comme les conséquences imprévisibles qui surviennent lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu…

Préparer l’ombre avant l’éclipse
Avec un personnage comme Kô, d’autant plus étrange qu’innocent dans sa façon de penser, on peut comprendre pourquoi ce dernier est capable de vivre la nuit sans devenir nécessairement vampire (du moins, pour l’instant). Au fur et à mesure que l’on en apprend davantage sur son passé, grâce à l’introduction de nouveaux personnages issus de sa vie de jour, on peut mieux apprivoiser la manière dont il a fini par tourner en rond en pourchassant cette relation avec Nazuna.

Malgré tout cela, nous verrons beaucoup de retournements de situation ainsi que l’apparition de nouveaux défis… Alors que le rythme du développement du but initial de ce manga (Kô = devenir vampire = tomber amoureux de Nazuna) reste lent, je ne vous cacherai pas que j’ai éprouvé une certaine difficulté à avancer dans les deux premiers tomes. Mais tout a commencé à changer dès le tome 3. C’est là que l’on comprend pourquoi l’auteur a pris la décision de ralentir le rythme du développement et de la progression de l’histoire. Ce choix était crucial afin de bien préparer les fondations de tout ce qui concerne Kô, et de montrer comment ses choix ne pourront pas être de simples réactions, mais des décisions réfléchies et calculées, malgré lui.

Anko Uguisu débarque, et la nuit retient son souffle
Tel que mentionné, nous y introduisons encore de nouveaux personnages dans ce tome, mais il y a aussi la continuation de l’introduction des autres personnages déjà présentés. On y retrouve les deux amis d’enfance de Kô, un ou deux vampires supplémentaires, ainsi que certains qui connaissent l’existence des vampires sans être eux-mêmes devenus vampires… semblerait-il…

C’est au cœur de ces intrigues que nous faisons la découverte d’Anko Uguisu. Celle-ci possède une personnalité mystérieuse, complexe et suggestive par moments, mais surtout un flair hors du commun pour percer les mystères.

L’œil de l’artiste, le cœur du récit
Tous les traits sont toujours aussi calculés par notre très cher Kotoyama. L’aventure continue à se déployer à travers sa présentation visuelle de l’histoire. Aucun détail n’est laissé au hasard lorsqu’elle dévoile sa vision en arrière-plan : une plante, une égratignure, un fragment de vitre, le vent, la lumière, l’ombre, les traces de vandalisme, etc. Le tout est minutieusement pensé, réfléchi et travaillé afin de nous offrir un monde véritablement magique.

La marmite des illusions : un chef-d’œuvre à feu doux
Je vous avoue que, par moments, il m’est difficile de mettre le doigt sur les thèmes abordés. Autant ils semblent tangibles par instants, autant ils finissent souvent par s’évaporer, comme l’illusion d’une canicule sur l’asphalte qui nous fait croire qu’on y voit de l’eau. C’est véritablement un effet invraisemblable que nous fait vivre Kotoyama avec ses personnages et ses suggestions… Elle réussit à nous faire prendre une direction dans nos pensées, puis finit par détourner complètement notre regard, avec la distraction soudaine d’une révélation, pour, en vérité, nous montrer qu’il y a anguille sous roche.

Et tout cela se fait de façon quasi imperceptible, alors que nous restons consumés par l’idée de la résolution… Alors que celle-ci glisse entre nos doigts tel du sable… La finesse est au rendez-vous, et la profondeur de la marmite qui mijote le point culminant de toutes les saveurs nous révèle qu’il y a, véritablement, une délicatesse dans la présentation de ce manga.

Un manga qui me tient par la peau des fesses (et j’en redemande)
Le point le plus important pour moi, ce que j’ai aimé depuis le début de ma lecture, est devenu encore plus évident, alors que je croyais parfois en perdre l’intérêt ou le goût. Nous avons ici une histoire qui sait parfaitement comment nous teaser avec ses jeux et ses prouesses visuelles, sa manipulation du contexte, et la culmination de mystères qui finissent toujours par nous échapper, remplacés par un tout nouvel emblème de distraction…

Malgré tout cela, l’auteur nous offre juste assez de révélations pour nous satisfaire, présentant les réponses avec justesse, sans jamais trop en donner, laissant croire que nous n’avons pas tout compris. C’est véritablement un chef-d’œuvre catégorique qui m’a tenu par la peau des fesses tout au long de ma découverte de cette histoire sans pareille.

Conclusion
Ce manga est définitivement destiné à ceux qui veulent goûter à la découverte d’une histoire d’amour malsaine, offrant une forme de tease sensoriel pour ceux qui aiment sentir la peau effleurée par une lueur d’espoir d’un climax sans pareil, tout en restant dans l’orgueil du mystère irrésolu.

Merci à Interforum pour la copie du livre.

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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