Scarred… Le titre évoque d’emblée la douleur. Il désigne une personne « marquée », autant dans son corps que dans son esprit. Et c’est exactement ce que propose le jeu du même nom : une plongée sensorielle et psychologique dans les cicatrices invisibles laissées par la vie. Développé par KOEX Studio et publié par The Iterative Collective, Scarred est un jeu d’horreur narratif à la première personne qui explore les thématiques du traumatisme, de l’enfance et de la mémoire.

Un cadre scolaire oppressant
Dans Scarred, le joueur incarne un élève évoluant dans un environnement scolaire lugubre et transformé. Votre mission : comprendre ce qui est arrivé à l’un de vos camarades avant qu’il ne soit trop tard. Très vite, le cadre se métamorphose. Les couloirs familiers deviennent des couloirs d’angoisse, les salles de classe se transforment en labyrinthes de cauchemars, et l’école devient un théâtre mental où se jouent les peurs les plus profondes.
Ce huis clos n’est pas choisi au hasard : il repose sur une nostalgie architecturale fortement marquée par l’esthétique singapourienne. On traverse des lieux traditionnels, aujourd’hui détournés, déformés et oppressants. Ce jeu ne se contente pas de faire peur par des effets de surprise ou des créatures horrifiques : il fait appel à une horreur plus intime, plus psychologique.

Entre exploration et introspection
Scarred s’inscrit dans cette nouvelle vague de jeux d’horreur où la narration est au cœur de l’expérience. Il s’agit moins de fuir des monstres que de comprendre un drame, de recoller les morceaux d’une histoire brisée. L’aspect réflexion est donc aussi important que l’aspect survie. En progressant dans l’aventure, le joueur assemble peu à peu les pièces d’un puzzle narratif troublant, qui l’amène à reconsidérer la nature même des relations entre les personnages.
Ce mélange d’exploration, d’énigmes et de révélations renforce le sentiment de malaise permanent. Le récit ne livre pas toutes ses clés de lecture, laissant au joueur le soin d’interpréter certains événements, dans une ambiance onirique et souvent dérangeante.

Une expérience intense… mais brève
L’un des seuls reproches qu’on pourrait adresser au jeu, c’est sa durée de vie. L’expérience complète se boucle en trois à six heures, selon votre rythme et votre aisance avec les énigmes. Pour ma part, l’aventure s’est conclue après environ quatre heures de jeu. C’est court, mais cette brièveté est compensée par l’intensité du voyage. Chaque séquence est maîtrisée, sans remplissage inutile.
Il convient néanmoins de noter que le prix du jeu est ajusté en fonction de cette durée. Les joueurs à la recherche d’un long jeu d’horreur aux multiples embranchements pourraient rester sur leur faim, mais ceux qui apprécient les récits forts et condensés y trouveront leur compte.

Un miroir déformant de l’adolescence
Scarred est un jeu qui ose parler de blessures profondes à travers le prisme de l’horreur. En transformant une école en monde cauchemardesque, il évoque avec justesse la vulnérabilité de l’enfance et les traumatismes non résolus. Ce n’est pas une aventure pour les cœurs sensibles, mais c’est un récit marquant, porté par une ambiance sonore et visuelle qui vous hante bien après avoir terminé le jeu.

Merci à The Iterative Collective pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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