Développé par Flightyfelon Games Inc., Freeride se présente comme un RPG narratif coloré et excentrique, qui mêle mini-jeux, humour absurde et test de personnalité intégré. Difficile à classer, ce titre singulier vous invite à explorer une boucle temporelle remplie de personnages étranges, tout en découvrant peu à peu des fragments de votre propre subconscient.

Entre chaos et introspection
Dans Freeride, vous incarnez un protagoniste en mission d’aide spirituelle. L’objectif : résoudre les affaires inachevées de divers habitants d’un monde à mi-chemin entre un rêve lucide et une émission jeunesse des années 2000. Chaque décision modifie subtilement le déroulement de l’histoire, qui repose sur une boucle temporelle à embranchements narratifs.
Si la trame principale peut être complétée en environ 4 heures, l’architecture du jeu encourage une rejouabilité certaine, notamment pour expérimenter d’autres comportements ou explorer les quêtes secondaires dans un ordre différent. Revisiter ces étranges personnages — qui rappellent parfois des caricatures animées ou des mascottes oubliées — fait partie du charme (ou du malaise) de l’expérience.

Mini-jeux et télékinésie
La progression passe par une série de mini-jeux variés, allant du lancer de déchets recyclables au rythme d’une chanson disco, à des séquences de télékinésie où vous devez manipuler des objets par la pensée pour changer le destin d’un personnage. Ces jeux sont volontairement simplistes, parfois même maladroits, mais ils servent un propos : révéler votre façon de jouer.
Les actions entreprises, que vous le vouliez ou non, influencent les dialogues et certains tournants scénaristiques. Le jeu se nourrit de vos réactions, votre patience, ou même de votre tendance à l’agressivité passive. Ce sont ces micro-choix qui mènent aux résultats du test de personnalité final, livré sous forme de portrait psychologique parfois déroutant, souvent humoristique, mais étonnamment juste dans sa lecture symbolique.

Une galerie de personnages hauts en couleur
Chaque rencontre dans l’aventure apporte son lot de dialogues surréalistes. Vous croiserez par exemple une banane en burn-out, un magicien qui refuse d’utiliser ses pouvoirs ou encore une vache astrale qui vous parle de votre peur de l’échec. Ces personnages, aussi absurdes soient-ils, servent tous à créer des moments introspectifs enrobés d’un humour enfantin, voire grotesque.
Même si l’écriture flirte parfois avec l’insignifiant, on sent une intention claire derrière chaque situation : vous faire réfléchir à qui vous êtes à travers le regard des autres, aussi loufoques soient-ils.

Un jeu honnête, mais qui vise un autre public
En fin de compte, Freeride n’est pas un mauvais jeu. Il est techniquement fonctionnel, artistiquement cohérent dans son délire, et narrativement assez riche pour soutenir plusieurs parties. Toutefois, malgré son originalité et ses mécaniques psychologiques intéressantes, il est clair que je ne suis pas le public ciblé.
Son ton survolté, ses dialogues absurdes et son visuel éclatant s’adressent très probablement à un public plus jeune, curieux de découvrir un jeu qui les pousse à réfléchir sur eux-mêmes à travers un jeu farfelue. Pour un joueur plus âgé ou à la recherche de profondeur émotionnelle, l’expérience peut vite sembler déconcertante, voire anodine.

Merci à Future Friends Games pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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