
Une franchise indémodable
La franchise Karate Kid a traversé les générations avec une rare constance. Depuis son apparition dans les années 80, elle a su évoluer tout en restant fidèle à ses racines. Après trois films originaux, un reboot en 2010 avec Jackie Chan, et la série Cobra Kai qui a connu un immense succès sur Netflix, l’univers de Karate Kid poursuit sa lancée avec Legends, qui sortira en salle le 30 mai 2025. Et si l’on pouvait douter qu’un sixième film arrive à renouveler la magie… cette dernière production prouve qu’il reste encore beaucoup d’énergie dans ce dojo.
Ayant eu la chance de visionner Legends en avant-première, je peux affirmer que le film dépasse largement les attentes. Il propose un parfait équilibre entre hommage et nouveauté, avec une mise en scène percutante, des personnages crédibles et une direction artistique qui honore les grandes leçons de la franchise : discipline, respect et transmission.
Un héros inattendu, une ville de contrastes
On y suit l’histoire de Li Fong, interprété avec justesse par Ben Wang, un jeune prodige du kung-fu vivant à Beijing. Sa vie bascule à la suite d’une tragédie familiale, et il se voit contraint de suivre sa mère relocalisée pour le travail à New York. Ce changement de décor, radical, l’oblige à s’adapter rapidement à une nouvelle culture et à un quotidien hostile. Il laisse derrière lui non seulement son pays natal, mais également son oncle et maître d’arts martiaux, M. Han, incarné par un Jackie Chan toujours aussi charismatique.
À peine arrivé, Li est confronté à l’intimidation d’un jeune de son école. Fidèle à la promesse faite à sa mère de ne plus se battre, il tente d’éviter les conflits, mais subit une humiliation physique qui le pousse à remettre en question ses valeurs. Ce point de rupture devient le moteur d’un récit initiatique haletant.

Le retour des légendes
Sentant que son neveu perd pied, M. Han décide de quitter la Chine pour venir lui prêter main-forte. Rapidement, l’idée de participer à un tournoi de combats de rues devient une opportunité pour Li de reprendre confiance en lui et de redonner un sens à sa pratique du kung-fu. Mais l’adversaire est coriace, et même Han n’a pas toutes les réponses.
C’est alors qu’un vieux nom refait surface : Daniel LaRusso, le mythique élève de M. Miyagi. Joué à nouveau par Ralph Macchio, Daniel est ici plus que jamais le symbole du lien entre l’ancienne garde et la nouvelle. La rencontre entre LaRusso et Han est tout simplement mémorable. Leur chimie à l’écran est un pur plaisir, et les voir unir leurs philosophies respectives pour encadrer Li constitue l’un des moments les plus forts du film.

Combats, émotions et décor québécois
Si l’émotion est bien au rendez-vous, l’action n’est pas en reste. Les chorégraphies de combats sont d’une grande fluidité, bien filmées et empreintes d’un réalisme percutant. On sent la rigueur du tournage et l’importance donnée à chaque mouvement. Côté visuel, les scènes tournées à Montréal apportent un souffle nouveau à la saga. Les spectateurs attentifs pourront reconnaître des lieux emblématiques comme le Jardin botanique, le Vieux-Port, ou encore Griffintown, subtilement intégrés à la narration.
Mention spéciale à la bande sonore, énergique et évocatrice, qui accompagne chaque étape du parcours de Li avec efficacité. Elle mélange sonorités orientales et accents urbains pour refléter le choc culturel que vit le protagoniste.

Une transmission réussie
Karate Kid : Legends réussit là où bien des suites échouent : il respecte l’héritage tout en regardant vers l’avenir. Il ne s’agit pas d’un simple hommage nostalgique, mais d’un véritable passage de flambeau, soigneusement scénarisé et émotionnellement sincère. L’introduction de Li Fong est convaincante, tout comme l’alliance entre Jackie Chan et Ralph Macchio, qui livrent une performance humble et généreuse.
Ce nouveau chapitre se positionne comme un incontournable pour les amateurs de la saga, mais aussi comme une belle porte d’entrée pour une nouvelle génération de spectateurs. Une œuvre à la fois respectueuse et audacieuse, qui nous rappelle que la voie du guerrier est avant tout celle du cœur.
Merci à Columbia Pictures pour la projection en avant-première.



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