Quand le shōnen flirte avec l’horreur psychologique

Nous voilà rendus au volume 4 de notre lecture de Jujutsu Kaisen, une série que votre Dieu Geek adore — mais ça, vous commencez sûrement à vous en douter! C’est vraiment dans ce tome que j’ai accroché. Son côté sombre, intense et cruel vient clairement sortir Jujutsu Kaisen du lot des autres shōnen. Mais avant de plonger dans les ténèbres, petit rappel : ce manga est écrit par Gege Akutami et distribué en français par les éditions Ki-oon.
On suit toujours les aventures de Yuji, un jeune homme qui partage son corps avec un démon légendaire, Sukuna. Grâce à l’école d’exorcisme, il tente de garder le contrôle sur cette entité maléfique… et sur lui-même.

Une descente dans la haine
Dans ce volume, Yuji fait face à une scène d’horreur. Junpei, qu’il venait tout juste de rencontrer et avec qui il avait tissé un début d’amitié, s’en est pris à son école. Convaincu qu’un des élèves a maudit sa mère — causant sa mort —, Junpei en a assez. Victime d’intimidation depuis des années, il explose enfin, croyant que ses bourreaux ne méritent plus de vivre. Yuji tente de le raisonner, mais la colère de Junpei est incontrôlable. Et pour ajouter à la tension, Mahito rôde toujours dans les parages, prêt à influencer les événements… ou à discuter directement avec Sukuna, si Yuji perd le contrôle.

Une œuvre qui ose
C’est ce genre de moment qui fait que Jujutsu Kaisen est devenu un de mes mangas préférés des dernières années. Akutami n’a pas peur de s’attaquer à des sujets lourds, comme l’intimidation, la solitude, la souffrance psychologique… et dans ce volume, il frôle carrément le thème des tueries scolaires. C’est du matériel lourd, mais traité avec intelligence. On voit Yuji, plein de compassion, tenter d’extirper Junpei de sa spirale destructrice. Malheureusement, ce dernier est déjà trop loin dans sa douleur.
Et là, boum! Mahito débarque. Et c’est dans le choc avec lui que Yuji va révéler un tout autre niveau de puissance. On comprend vite pourquoi Gojo tient tant à lui : le potentiel de notre héros est juste démentiel.

Graphiquement solide
Côté dessin, encore une fois, c’est solide. Chaque page est pensée pour appuyer l’intensité du scénario. On assiste aussi ici à une “extension de territoire” — un concept clé dans l’univers du manga —, sorte de bulle dimensionnelle où les sorts sont garantis de fonctionner. L’extension de Mahito, dans ce volume, est visuellement terrifiante. On ressent vraiment la folie et la cruauté du personnage, et la terreur de ceux qui y sont piégés.

Une série mature dans un emballage shōnen
Ce volume marque un tournant important dans la série. Il enfonce le clou : Jujutsu Kaisen n’est pas un simple manga de baston pour ados. Il explore des thématiques sombres, parfois difficiles, tout en gardant le rythme et les codes du shōnen. C’est un manga qui plaira aux jeunes adultes, mais que je ne recommanderais pas à des enfants de moins de 12 ans. On y parle de haine, de désespoir, mais aussi — et c’est important — de moralité, d’espoir et de la lumière qui peut exister même dans les moments les plus sombres.
J’adore cette série et j’espère que je réussis à vous donner envie de la découvrir.

Merci à Interforum pour la copie du livre.

La note du Dieu Geek

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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