Quand rien ne va plus
Comment vont mes petits geeks chéris ? Frank, le maître incontesté de la connaissance générale et autoproclamé divinité de la geekulture, vous revient avec une autre belle critique d’un manga qui ne cesse de me surprendre. Aujourd’hui, on parle du troisième volume de Tokyo Survivors de Edogawa Edogawa, publié en français chez Omaké Manga. On est rendus à la moitié de l’histoire, et laissez-moi vous dire que ça commence à brasser solide.

Une ville vide… qui devient un cauchemar
Dans les deux premiers tomes, on suivait un groupe d’ados devenus les seuls habitants de Tokyo après une mystérieuse bourrasque qui a fait disparaître tout le monde. Au début, ils tripaient un peu sur leur liberté : Tokyo leur appartenait, pas de parents, pas d’autorité, juste eux et la ville. Mais comme on dit, toute bonne chose a une fin.
Le manga se passe pendant la pandémie de COVID-19, et même si nous on en a arraché avec les mesures sanitaires, eux, c’était bien pire. Imagine gérer une distanciation sociale dans une des villes les plus peuplées du monde… impossible.
Déjà dans le tome 2, les choses commençaient à dégénérer : plus d’électricité, plus d’eau courante, et la bouffe dans les frigos des épiceries commence à pourrir. Le moral chute, surtout pour Yasushi, qui ne rêve que d’être prêt pour son tournoi de judo. Mais la réalité le rattrape. Rien ne revient à la normale. Il pète un plomb, se laisse envahir par une idée sombre : « Peut-être que mourir dans ce monde nous ramènera dans l’ancien… » Et là, BAM, il poignarde Ayaka.

Le chaos s’installe
Honnêtement, je ne pensais pas que ce serait Yasushi le premier à craquer. J’aurais misé sur Teruo, qui a une vibe un peu plus instable, mais son tour viendra, ne vous inquiétez pas. Après ce qu’a fait Yasushi, c’est comme si tout le groupe basculait dans une nouvelle phase : paranoïa, peur, folie.
Ayaka, malgré sa blessure, reste étonnamment calme, mais son état est critique. Makoto, lui, essaie tant bien que mal de garder le groupe soudé, de jouer au héros, mais c’est un ado de 17 ans comme les autres… pas un sauveur.
L’auteur ne ménage pas ses personnages. Il les pousse au bord du gouffre sans avertissement. On sent une tension constante, une ambiance lourde et angoissante qui pèse sur chaque case.

Visuellement beau, mais parfois maladroit
Côté dessin, c’est très réussi dans l’ensemble, surtout pour les décors urbains désertés et les scènes dramatiques. Mais j’ai eu un petit bug avec certaines expressions faciales. Les larmes, par exemple, sont comme des grosses gouttes visqueuses, un peu trop cartoon pour le ton sérieux de l’histoire. Et Makoto, quand il est surpris, a un regard un peu trop générique.
Peut-être que l’auteur a eu du mal à retranscrire l’intensité des émotions dans ces moments critiques, ou peut-être que c’est juste moi qui commence à remarquer ces détails après trois tomes. Rien de dramatique, mais ça m’a accroché l’œil.

Une suite prometteuse
Malgré ces petits bémols, ce volume 3 est intense, brutal, troublant. Et on n’a toujours aucune explication sur ce qu’il leur arrive. Est-ce qu’on va avoir des réponses ? Est-ce qu’ils vont s’en sortir ? Va-t-on sombrer encore plus dans la folie ?
J’ai vraiment hâte de lire la suite, même si je sais que ça ne sera pas plus joyeux. Mais c’est justement ça qui est bon.

Merci à Interforum pour la copie du livre.

La note du Dieu Geek

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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