
Quand tout s’écroule (littéralement)
Votre humble divinité de la Geekulture est de retour pour une autre critique de ce manga seinen post-apocalyptique de Takao Saitô, Breakdown. Publié en français par VEGA, il s’agit d’une réédition de l’œuvre originale parue en 2002. Lors de ma dernière critique, j’avais peur de ce que j’allais découvrir, est-ce que j’allais voir le pire de l’être humain ou j’ai mis mes attentes trop hautes? Voyons ça ensemble…
L’enfer sur Terre, version manga
Le monde est devenu une fresque chaotique depuis la chute de la météorite Willbe. Ôtomo s’accroche tant bien que mal à l’espoir, trouvant même un brin d’amour et de réconfort. Mais tout s’écroule (littéralement) quand la jeune fille qu’il avait recueillie — un peu folle sur les bords, soyons honnêtes — met accidentellement le feu au garage où ils étaient coincés.
Résultat : Otômo se retrouve encore seul, tout ce qu’il avait est en cendres. Il repart donc de zéro à la recherche d’eau et de nourriture, mais son chemin est rempli de mort, maladie et barbarie humaine. L’espoir qu’il gardait en lui commence sérieusement à s’effriter. Trouvera-t-il un jour une communauté ou l’humanité est-elle vouée à s’autodétruire?
Trop d’attentes? Peut-être… mais pas déçu
Alors oui, j’avais mis la barre haute. Et même si ce volume ne m’a pas complètement retourné le cerveau, il y a quand même des moments qui dépassent l’entendement. Clairement, j’aime quand ça dérange, parce qu’ici, Otômo se retrouve à grimper un immeuble sous le regard de barbares qui s’ennuient et le regardent risquer sa vie.
Pourquoi? Parce qu’il tente de sauver des enfants coincés en haut… sauf que selon le groupe de tarés au sol, ces enfants seraient devenus des monstres. Encore une fois, on est en plein dans une déshumanisation de l’autre, où la perception de ce qu’est encore un être humain varie d’un individu à l’autre.
L’amour? Ou juste du désespoir…
Côté romance (si on peut appeler ça comme ça), la relation entre Kanda et Ôtomo ressemble plus à une quête désespérée de réconfort qu’à une vraie histoire d’amour.
La scène intime entre eux m’a paru à la fois intense et étrange, surtout dans un contexte aussi instable où le danger peut surgir à tout moment (et il surgit d’ailleurs très vite!). Sérieux, j’ai jamais vu des gens se rhabiller aussi rapidement. Et ensuite, Otômo utilise le corps de Kanda pour survivre… mais veut presque mourir la seconde d’après? Un brin bipolaire, le gars.
Mais malgré ces moments bizarres, le manga reste une représentation brutale et réaliste de ce que les humains peuvent devenir dans un monde en ruine. L’instinct de survie prend le dessus sur tout.
Visuellement? Pas trop ma tasse de thé
Bon, soyons francs : le dessin, j’embarque pas. Pas que c’est laid, mais ça manque de charisme à mon goût. Je comprends que le post-apo, c’est pas censé être « cute », mais le style ici ne me parle pas.
J’aurais presque préféré que ce soit un roman — j’aurais pu m’imaginer les scènes moi-même. Les personnages manquent parfois de distinction visuelle : Kimi n’a plus l’air d’une enfant dans certaines scènes, et Kanda et Otômo pourraient être frère et sœur (ou le même perso) selon le plan.
En conclusion
Malgré tout, Breakdown reste une bonne lecture, même si j’ai été un peu laissé sur ma faim. J’aurais peut-être aimé que ce soit plus trash, plus frontal. Le dessin a clairement freiné un peu mon immersion, mais j’ai bien aimé les inserts d’infos véridiques qui viennent appuyer le réalisme du récit. Takao Saitô reste un excellent conteur, et je pense que certains d’entre vous pourraient accrocher plus que moi à l’aspect visuel.
Merci à Interforum pour la copie du livre.

Pour se procurer le manga, c’est ici.


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