Pineapple Army est un manga initialement paru en 1985 chez les éditions Kana et complété en huit tomes. Aujourd’hui, je vous parle de sa réédition en trois gros volumes, cette fois éditée par Kana et distribuée par La Boîte de Diffusion pour la version française. Il s’agit d’une œuvre de Naoki Urasawa, avec des illustrations de Kazuo Kûdo. Le premier tome est disponible depuis le 11 décembre 2024 et compte 608 pages. C’est un seinen proposé au prix de 33,95 $.

Jed Goshi, un ancien soldat devenu instructeur
Vous suivrez un ancien soldat ayant servi dans plusieurs conflits, dont la guerre du Viêtnam : l’Américano-Japonais Jed Goshi. Ayant choisi de ne plus faire partie d’une armée régulière et refusant de devenir mercenaire, il se reconvertit en instructeur d’auto-défense. Il travaille généralement pour le plus offrant, bien qu’il soit souvent engagé par le CMA.

Ce premier tome comprend vingt et un chapitres. À l’exception de trois chapitres liés entre eux, chaque mission que vous découvrirez est indépendante. On suit Jed Goshi à travers diverses opérations où il est confronté à des enjeux explosifs, des enlèvements, des fusillades et même une tentative de coup d’État visant la Maison-Blanche. L’action est omniprésente et les décors variés nous transportent aux quatre coins du monde.

Action omniprésente, développement inégal
Même si plusieurs personnages secondaires réapparaissent, notamment une femme qui souhaite devenir la compagne de Jed, le récit reste très centré sur l’action. Le développement des relations interpersonnelles est donc plutôt en retrait. C’est d’ailleurs l’un des points faibles de cette série : bien que l’auteur tente de nous faire nous attacher à certains personnages, cela ne fonctionne pas toujours. Néanmoins, Jed Goshi, en tant que protagoniste, est bien construit et son portrait s’étoffe au fil des chapitres.

Ce premier tome est important pour bien cerner qui est Jed Goshi, son passé, ses valeurs et ses contradictions. Malgré son expérience militaire, il a cette fâcheuse tendance à trop s’attacher à ses clients, ce qui le pousse souvent à intervenir personnellement pour les protéger, quitte à se mettre dans des situations délicates.

Une qualité visuelle surprenante pour son époque
Pour un manga sorti en 1985, j’ai trouvé que la qualité des illustrations est vraiment impressionnante. Les personnages sont détaillés, expressifs, et loin d’être dessinés à la va-vite. Les scènes de combat sont claires, dynamiques et bien mises en scène. Ce n’est pas toujours le cas avec les mangas de cette époque, surtout au Japon, où plusieurs séries étaient produites rapidement dans l’optique de générer du profit pour les maisons d’édition.

Heureusement, Pineapple Army échappe à cette tendance. L’ensemble est soigné, agréable à lire, et ça se voit que le travail graphique a été pris au sérieux. J’aurais tout de même apprécié un ajout de couleur dans cette réédition. On parle ici d’un manga de 1985 qui revient en version modernisée : un petit effort de recolorisation, même partiel, aurait été un vrai plus.

Une lecture dense, mais captivante
Il s’agit d’une lecture imposante : 600 pages pourraient en décourager plus d’un. Pourtant, de mon côté, j’ai trouvé que ça se lisait étonnamment bien. Je me suis souvent surpris à ne pas voir le temps passer, et j’ai terminé le tome en seulement deux jours.

L’histoire, dans son ensemble, a très bien vieilli. Elle pourrait même faire un excellent anime. Pineapple Army se distingue des récits classiques : ici, pas de grands monstres ni de méchants caricaturaux. On plonge plutôt dans une ambiance à la James Bond version japonaise — et franchement, j’ai été agréablement surpris.

Merci a La Boite de Diffusion pour la copie du manga!

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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