L’être humain est probablement la créature la plus énigmatique que notre planète ait connue. Capable du pire comme du meilleur. C’est pour ça que des sociétés ont vu le jour, pour créer des balises, des normes, des règles, afin qu’on puisse vivre ensemble sans constamment s’entretuer. On est devenus « civilisés » avec le temps… Mais quand cette structure s’effondre, c’est souvent la loi du plus fort qui reprend ses droits.
Vous savez ce qu’on dit : qui est le premier prédateur de l’humain? L’humain lui-même.
C’est justement ce que l’illustre Takao Saitô met en lumière dans sa série Breakdown, publiée originalement en 2001 et traduite en français par VEGA Dupuis, dans de beaux tomes de plus de 346 pages — très classe dans une bibliothèque. Aujourd’hui, je vous parle du volume 3, et je vous avertis d’entrée de jeu : c’est, de loin, le plus dérangeant jusqu’ici.

Petit rappel du chaos
Après la chute d’un astéroïde, la Terre est littéralement dévastée. Le manga suit Otomo, un jeune journaliste photographe et amateur de techniques de survie, qui a miraculeusement survécu. Dans le volume précédent, après deux mois d’errance, Otomo trouve refuge dans une petite communauté méfiante des étrangers. L’un des membres a découvert un moyen de communiquer grâce à un vieil ordinateur toujours connecté à un mystérieux réseau.
La nourriture y est rare, les tentatives d’agriculture sont des échecs, et la tension monte. Otomo, en échange de quelques provisions, partage ses connaissances pour faire pousser des légumes. Mais voilà que la maladie frappe — et même Otomo en est victime.

Quand l’homme devient monstre
Ce troisième tome explore jusqu’où l’humain peut sombrer lorsqu’il est au pied du mur. L’abus de pouvoir, la peur, la souffrance… tout est là. Le volume semble aussi introduire une sorte de karma, où les atrocités commises finissent par se payer. Otomo, lui, reste fidèle à lui-même — noble, juste, mais on sent une fatigue profonde s’installer. Il s’isole peu à peu, ce qui a failli lui coûter la vie… mais le sort semble encore vouloir le garder en vie.
Takao Saitô a cette capacité incroyable à dépeindre la nature humaine dans ses pires états. Ici, plus question de reconstruire ou de comprendre, on est dans la survie brute. Et oui, beaucoup de personnages meurent. L’auteur fait d’ailleurs un parallèle intéressant avec une épidémie de choléra survenue à l’époque Edo au Japon. Grâce à ses connaissances, Otomo réussit à sauver quelques vies — mais il n’est pas médecin.

Un manga coup de poing
Cette lecture m’a fait vivre toute une gamme d’émotions. L’auteur n’a aucune retenue et ose aller là où peu de mangas se risquent. Violence sexuelle, abus de pouvoir, délires psychotiques où certains croient être dans un jeu vidéo… La société est en ruine totale. L’humanité est au fond du baril. La faim rend les gens fous. Ils sont prêts à tuer pour une bouchée de pain.
Et pourtant, Otomo tient bon. Je ne sais pas comment il fait. Et honnêtement, je commence à me demander ce qui le pousse encore à avancer.

Un dessin qui divise… mais une histoire qui frappe
Encore une fois, le style visuel n’est pas mon préféré, je ne le cacherai pas. Mais l’histoire prend totalement le dessus. Les éléments un peu invraisemblables des volumes précédents ne sont plus vraiment importants. Ce qui compte ici, c’est la vision crue et brutale de l’humain face à l’effondrement. Et là-dessus, Takao Saitô frappe fort.
Je vais être franc : j’ai un peu peur de ce que je vais découvrir dans le prochain volume. Et en même temps, je suis incapable d’arrêter.

Merci à Interforum pour la copie du manga.

La note du Dieu Geek

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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