
Un chaos grandissant
Vous vous souvenez de ma première critique de SINoALICE ? À l’époque, je ne savais pas trop quoi en penser. Ce manga propose une intrigue atypique et déroutante, qui s’éloigne volontairement des conventions classiques. Eh bien, ce cinquième volume continue sur cette lancée.
Dans le tome précédent, Cendrillon était parvenue à capturer Pinocchio, la Belle au bois dormant et Alice, tandis que Blanche-Neige et la Petite Sirène tentaient d’échapper au Petit Chaperon Rouge.
Mais dans ce volume, les choses prennent une tournure encore plus apocalyptique : le Petit Chaperon Rouge prend une nouvelle forme monstrueuse, détruisant tout sur son passage sous prétexte de vouloir jouer. Oui, pour elle, la violence est un divertissement… Très saine d’esprit, la petite.
Elle est alors lâchée dans Tokyo, où elle massacre joyeusement des victimes qui, à leur tour, se transforment en zombies cannibales cherchant eux aussi à « jouer ». Nous voilà plongés dans un film de George A. Romero en plein manga ! Face à cette menace incontrôlable, l’armée tente de l’arrêter, et même la querelle entre Cendrillon et Blanche-Neige semble devoir être mise en pause.
Nos héroïnes parviendront-elles à s’extirper de ce cauchemar ?
Un tournant déroutant, mais logique
En lisant ces lignes, vous pourriez penser que ce volume est un immense n’importe quoi. Et franchement, je ne vais pas vous mentir : ma première réaction a été de me dire « Bin voyons donc. »
Mais en y réfléchissant bien, ce revirement de situation fait sens.
Le Petit Chaperon Rouge a tellement tué de gens que son pouvoir s’est amplifié à un niveau incontrôlable. Sa soif de violence l’a littéralement envahie, et son influence transforme ses victimes en monstres sanguinaires partageant son désir de carnage.
Et puis, n’oublions pas un détail clé : tout ceci reste un jeu orchestré par un mystérieux maître du jeu qui se pense aux commandes. Mais peut-il vraiment contrôler ses « participants » alors que les choses lui échappent de plus en plus ?
Un scénario toujours aussi captivant
Takuto Aoki nous prouve encore une fois que l’histoire de SINoALICE peut partir dans des directions totalement inattendues. Avec un ultime volume à venir, tout peut arriver, et je suis persuadé que la fin nous apportera autant de réponses que de nouvelles questions.
L’empreinte de Yoko Taro (créateur du jeu vidéo original) est omniprésente. Si vous connaissez son travail (NieR, Drakengard), vous savez qu’il aime déconstruire les attentes et nous entraîner dans des univers torturés et imprévisibles.
Takuto Aoki aurait d’ailleurs voulu développer davantage son récit, comme il le mentionne en préface, où il plaisante sur les limites imposées par le format du manga.
Un visuel toujours à couper le souffle
Je me répète, mais le travail d’Himiko sur le visuel est tout simplement exceptionnel.
Son trait détaillé, sombre et percutant est l’une des grandes forces du manga. Si vous hésitez encore à vous plonger dans SINoALICE, rien que les dessins valent le détour.
Dans sa préface, Himiko confie même qu’il aimerait posséder le pouvoir de la Belle au bois dormant, pour que ses ronces dessinent à sa place pendant qu’il dort. Deux possibilités : soit il manque de temps, soit il est tellement passionné qu’il ne peut pas s’arrêter de dessiner.
Conclusion : une montée en puissance vers la fin
Ce cinquième volume de SINoALICE reste un excellent tome, malgré un changement radical de ton et de style.
Le visuel d’Himiko continue d’être l’élément le plus marquant, sublimé par un scénario brillant de Takuto Aoki.
Quant à la sensation de perte de repères, mettons-la sur le compte de l’univers chaotique de Yoko Taro. Après tout, c’est aussi ce qui fait le charme unique de cette œuvre.
Allez, en route pour le dernier volume !
Merci à Interforum pour la copie du manga.

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