À la demande de vous, chers lecteurs de G pour Geek, et de mon entourage, je me suis lancé dans la critique d’un titre qui m’a été chaudement recommandé. Vous l’avez sans doute remarqué dans mes chroniques, j’ai un penchant pour les œuvres sombres, matures et clairement destinées à un public averti. C’est dans cet esprit que j’ai découvert SINoALICE de Takuto Aoki et HIMIKO, basé sur l’œuvre originale de Yoko Taro.
Si le nom de Yoko Taro vous est familier, c’est qu’il s’agit du génie créatif derrière des jeux cultes tels que NierNierAutomata et Drakengard. En 2017, il a lancé SINoALICE, un jeu mobile sombre et énigmatique, qui a finalement vu une sortie mondiale en 2020 avant la fermeture de ses serveurs en 2023.

Le manga, publié pour la première fois en 2019 au Japon, reprend l’univers de SINoALICE. Il nous plonge dans l’histoire d’Alice, une jeune fille vivant une existence monotone et sans éclat. Jusqu’au jour où, dans un rêve étrange, deux poupées mystérieuses lui posent des questions dérangeantes : « Quel est ton souhait ? », « Que désires-tu dans ce monde ?« . Les réponses d’Alice déclenchent un bouleversement qui va transformer son quotidien paisible en un jeu mortel où elle affronte d’autres jeunes filles, elles aussi consumées par des désirs profonds et inavouables.

Une œuvre intrigante et troublante
Alors, que penser de SINoALICE ? Honnêtement, je ne le sais toujours pas, mais ce n’est pas une critique négative. Ce premier volume semble poser les bases d’une intrigue atypique et déroutante, qui s’écarte volontairement des sentiers battus. Imaginez un mélange entre Alice au pays des merveilles et Hunger Games, où des jeunes filles portant le nom de personnages de contes s’affrontent dans un brutal battle royale. La gagnante se verra exaucer son souhait le plus cher.

Chaque personnage possède un passé intense et souvent tragique, explorant des thèmes lourds comme la violence sexuelle, les abus, la sexualité interdite et la crise identitaire. Si Alice reste mystérieuse pour l’instant, les autres participantes dévoilent des facettes sombres qui donnent de la profondeur au récit. On devine qu’une seule survivra à la fin, mais les véritables raisons derrière ce jeu macabre et les liens qui unissent ces filles restent encore flous.

Une esthétique captivante
Visuellement, le style de HIMIKO est à couper le souffle. Inspiré de l’univers de Yoko Taro, chaque page regorge de détails qui enrichissent l’ambiance gothique et oppressante de l’histoire. Cependant, comme vous l’aurez deviné, ce manga n’est pas destiné à tout le monde. Les amateurs d’action violente et d’univers sombres y trouveront leur compte, tout comme les adeptes de « fan service », grâce à plusieurs scènes suggestives qui, heureusement, évitent de sombrer dans la vulgarité gratuite.

Un ajout particulièrement intéressant est la vingtaine de pages en fin de volume, écrites comme un light novel. Ce segment approfondit l’histoire d’un des personnages et enrichit l’univers. Une excellente initiative qui permet de s’immerger encore davantage dans ce monde tordu.

Conclusion
SINoALICE Volume 1 met en place une série qui s’annonce intense, brutale et intrigante. Ce premier opus me laisse toutefois un sentiment d’incomplétude, comme s’il manquait un élément clé pour donner toute sa puissance au récit. Ce flou pourrait bien se dissiper dans les volumes suivants, du moins je l’espère.

Pour l’instant, SINoALICE est une œuvre prometteuse, mais qui demande à être développée davantage pour pleinement captiver son audience. Si vous aimez les récits sombres, audacieux et visuellement impressionnants, ce manga mérite une chance.

Merci à Interforum pour la copie du manga.

La note du Dieu Geek

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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