
Ce n’est un secret pour personne : le réchauffement climatique affecte gravement notre environnement et suscite l’inquiétude de beaucoup. Bien sûr, il y a toujours ceux qui crient au complot – vous savez bien de qui je parle.
Malheureusement, la situation ne s’améliore pas. Que deviendra notre monde dans un siècle ? Pourrons-nous encore marcher dans les rues sans suffoquer à cause de la chaleur ? Ou serons-nous menacés par d’anciens virus, gelés pendant des millénaires dans le Grand Nord ? Ariane Gélinas explore ces angoisses dans son roman L’Envers des forêts, publié aux éditions Alire.
Une dystopie climatique troublante
Au 22e siècle, la Terre est dévastée par des décennies de réchauffement climatique. Dans les Territoires du Nord-Ouest du Canada, un sentier de pèlerinage longe la limite nordique des conifères. Là-bas, des technologies coûteuses tentent de refroidir le pergélisol pour empêcher la libération de virus et bactéries enfouis depuis des millénaires.
Trois protagonistes – Einar, Maurane et Tiéra – entreprennent ce pèlerinage, chacun traînant ses propres démons. Tiéra lutte contre une phobie de la chaleur, Einar combat sa peur de la noirceur en voyageant entre les pôles pour profiter du soleil de minuit, et Maurane, marquée par un passé de dépression, tente de se libérer de sa dépendance affective. Ensemble, ils espèrent trouver un apaisement dans cette traversée vers l’océan Arctique, tout en affrontant les regrets de leur passé… et ceux de l’humanité tout entière.
Une lecture au-delà des attentes
J’ai choisi ce livre avant tout parce qu’il appartient à la collection science-fiction des éditions Alire, un genre qui me parle. Cependant, je dois avouer que peu de romans québécois m’ont marqué dans ce domaine. Avec un tel résumé, je n’étais pas certain que ce livre me plairait. Pourtant, j’ai été agréablement surpris.
Bien que je ne me sois pas identifié aux personnages – sauf peut-être Maurane, avec ses origines autochtones – l’univers décrit par Ariane Gélinas m’a captivé. Dans ce futur dystopique, l’humanité s’est réfugiée aux pôles pour échapper à une chaleur insoutenable, laissant les zones centrales de la planète brûler. Ce qui m’a frustré, c’est de constater que, dans cette vision du futur, les humains semblent avoir abandonné toute volonté de lutter contre leur sort.
Une évolution captivante
Au fil de ma lecture, je me demandais pourquoi nous suivions trois personnages isolés dans leur « trouple », préoccupés par leurs propres anxiétés, alors que le reste du monde semblait faire face à des crises bien plus graves. Mais c’est là que réside tout le génie d’Ariane Gélinas : le roman prend un tournant inattendu dans ses dernières pages.
J’ai apprécié la narration alternée entre les trois personnages, qui permet une immersion progressive dans leur psyché. À mesure que l’histoire avance, leur folie devient palpable, et les rebondissements inattendus plongent parfois le récit dans une horreur presque lovecraftienne. Certaines scènes torrides ponctuent l’histoire – une surprise pour ce type de roman – mais elles peuvent paraître étranges selon la sensibilité du lecteur.
Une réflexion marquante
Avec ses 259 pages, L’Envers des forêts est un roman court, que j’ai dévoré en quelques soirées. À plusieurs reprises, il m’était difficile de le refermer tant je voulais découvrir la suite de cette aventure étrange et perturbante.
En fin de compte, ce livre offre une réflexion amère mais fascinante sur le réchauffement climatique et ses conséquences. Une lecture surprenante et marquante, qui, malgré son ton sombre, saura satisfaire les amateurs de science-fiction et de récits dystopiques.
Merci aux éditions ALIRE pour la copie du livre.

Pour se procurer le livre, c’est ici.


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