
Bartender: Glass of God est un anime de 12 épisodes sorti en avril 2024, produit par Liber, un studio récemment fondé, pour qui cette série est le deuxième projet. L’anime est basé sur un manga paru entre 2004 et 2011, qui avait également été adapté en série animée en 2006. Comme un bon cocktail, Bartender: Glass of God est idéal à regarder en fin de soirée pour se détendre et terminer une longue journée.

L’histoire commence lorsque Kurushima Miwa et sa collègue, deux employées d’un prestigieux hôtel, se voient confier la tâche de trouver un nouveau barman pour l’un des bars de l’établissement. Le PDG leur impose un seul critère pour remplir le poste : le barman doit être capable de réaliser le Glass of God, le cocktail ultime. Mais Kurushima a du mal à comprendre ce critère mystérieux et se retrouve incapable de trouver un barman qui y réponde. Que signifie donc ce Glass of God ?

Dans leur recherche, elles entendent parler d’Eden Hall, un petit bar privé mais réputé pour son barman exceptionnel, qui a remporté des prix dans des compétitions à l’étranger. Sans rien à perdre, Kurushima se rend au bar et y rencontre Sasakura Ryu, le barman. Elle se souvient pourtant de lui comme d’un homme distrait et inattentif, croisé à plusieurs reprises par le passé.
Kurushima découvre cependant que Sasakura est immensément talentueux, capable de lui servir le cocktail parfait pour elle, à ce moment précis. Malheureusement pour elle, Sasakura refuse de quitter Eden Hall pour travailler dans un autre bar. Elle décide alors de devenir une cliente régulière et plonge dans l’univers fascinant et apaisant des bars de Tokyo.
La première chose qui nous séduit dans Bartender: Glass of God est l’authenticité des alcools présentés à l’écran. Lorsque Sasakura ou un autre personnage sort une bouteille, les étiquettes et les formes sont identiques à celles que l’on retrouve dans la réalité, par exemple à la SAQ. Les explications sur les différentes techniques de mixologie sont détaillées, mais bien intégrées à l’histoire, permettant aux fans de reproduire les cocktails de l’émission. Un épisode est même dédié à la visite de la distillerie Suntory, la plus ancienne distillerie de whisky au Japon, et les installations y sont représentées avec une grande fidélité.

Ayant également visionné des vidéos de barmans japonais à Tokyo, je trouve que Sasakura et ses collègues possèdent une esthétique identique à celle des vrais barmans. La série recrée superbement l’ambiance de ces bars, avec des arrière-plans magnifiquement dessinés et des palettes de couleurs chaleureuses ou sobres pour correspondre à l’atmosphère des lieux.
La trame sonore, bien que discrète, est utilisée à bon escient pour souligner les moments importants et renforcer l’ambiance de chaque bar. Les génériques d’ouverture et de fermeture, Stardust Memory et Spica, établissent bien le ton chaleureux de la série. Une autre pièce musicale, plus sérieuse et corsée, accompagne un bar où le barman décrit sa clientèle comme des âmes fatiguées ayant besoin d’un cocktail pour traverser la journée. Par contraste, la musique du bar de Sasakura est douce et réconfortante, représentant un lieu de détente où les clients viennent chercher du réconfort.
Les personnages ne boivent pas pour se saouler, mais pour apprécier l’instant et se détendre autour d’un bon cocktail.

L’anime va au-delà de l’esthétique et des cocktails. En parallèle de la quête de Kurushima pour convaincre Sasakura de travailler dans son hôtel, on découvre le parcours exigeant pour devenir barman à Tokyo, avec ses étapes rigoureuses. Par exemple, une barman aspirante peine à progresser dans sa carrière faute de réussir un martini marquant, tandis qu’un autre personnage lutte pour convaincre son père qu’il souhaite devenir barman plutôt que de lui succéder.
Le métier de barman y est également dépeint comme émotionnellement et financièrement exigeant. Sasakura explique qu’une règle inviolable de ce métier est de ne jamais montrer sa propre douleur aux clients. Un autre de ses collègues, plus rude, sert une clientèle confrontée à des difficultés, comme une mère monoparentale tentant de reconstruire sa vie.

Les barmans de la série apportent souvent des conseils de vie à leurs clients, accompagnés du cocktail parfait pour apaiser leurs soucis. On explore aussi la vie des clients, qui sont très variés. Par exemple, un gestionnaire veuf en quête de sens croise une pédiatre ayant récemment perdu un patient. Dans d’autres épisodes, un vieillard boit à la mémoire de ses amis disparus, ou une avocate débordée trouve réconfort dans un cocktail après une longue journée. Ces clients, parfois attachants, font de brèves apparitions, donnant un ton doux-amer à l’anime.
Les barmans eux-mêmes sont tout aussi attachants, avec des personnalités variées et une camaraderie palpable. Ils se soutiennent mutuellement, et certains accompagnent même leurs clients dans d’autres bars qu’ils jugent plus appropriés pour eux. La compétition entre eux reste saine et respectueuse, chacun cherchant à montrer ses talents créatifs sans écraser les autres.
Bartender: Glass of God est ainsi une excellente série. Elle peut paraître lente, car elle invite à la détente et à la contemplation, ce qui pourrait déplaire à ceux en quête de drame. De plus, les thèmes matures peuvent demander une attention particulière. Malgré cela, l’attention aux détails, l’authenticité des alcools, les personnages attachants et la chaleur de Bartender: Glass of God lui valent un solide 8/10. Je vous recommande vivement de visiter Eden Hall en compagnie de Sasakura, accompagné d’un bon verre.

Pour regarder l’anime, c’est ici.


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