
Oshi no Ko est un chef-d’œuvre qui explore l’industrie du divertissement japonais sous toutes ses facettes, autant glorieuses que sombres. Cet anime, actuellement diffusé sur Hi-Dive, compte deux saisons produites par Doga Kobo, le même studio derrière Alya-san Sometimes Hides her Feelings in Russian. Il est adapté du manga d’Aka Akasaka, également connu pour Kaguya-sama: Love is War. La saison 1 est sortie au printemps 2023, et la saison 2 est parue durant l’été 2024. L’histoire est remplie de tournures inattendues, dont plusieurs dès le premier épisode, ce qui limite les résumés afin de préserver ces éléments de surprise. Ce premier épisode de 90 minutes couvre l’intégralité du premier volume du manga, un choix assumé pour bien transmettre le ton de la série, avec des révélations essentielles dès le début.
L’histoire débute avec le Docteur Gorou Amamiya, un médecin de campagne travaillant dans un petit hôpital japonais. Il y traite une jeune patiente de 12 ans, atteinte d’un cancer, avec qui il développe une amitié sincère. C’est elle qui lui fait découvrir Ai, une jeune vedette. À son décès, le Dr. Gorou continue de suivre la carrière de cette idole en souvenir de sa patiente disparue. Un jour, il apprend qu’Ai prend une pause de quelques mois, puis, dans les jours suivants, une patiente de 16 ans se présente à l’hôpital, enceinte et accompagnée d’un homme qui se dit son tuteur légal. Il réalise alors que cette adolescente n’est autre qu’Hoshino Ai, l’idole préférée de son ancienne patiente, désormais enceinte de jumeaux. En promettant de garder le secret de cette grossesse et de l’aider jusqu’au bout, le Dr. Gorou s’engage dans les eaux troubles de l’industrie du divertissement japonais, sans imaginer que son destin en sera irrémédiablement changé…

Révéler davantage de détails risquerait de détruire l’intrigue d’Oshi no Ko, une série qui plonge le spectateur dans le monde complexe et souvent impitoyable du divertissement japonais. Créée par un auteur ayant une expérience dans ce domaine, elle ne se contente pas de célébrer les succès de l’industrie ; elle dévoile également les destins tragiques et les désillusions de ceux qui échouent. Cependant, pour permettre aux spectateurs de savourer pleinement la série, mes commentaires sur les aspects sombres et troublants resteront limités. Un article séparé sera consacré à l’intrigue pour ceux qui ne craignent pas les spoilers.
En explorant le showbusiness japonais, Oshi no Ko offre des prestations artistiques frappantes dès le premier épisode. Ai, l’héroïne idol, est une chanteuse qui incarne l’idéal romantique pour ses fans. Une performance courte mais puissante démontre son talent exceptionnel et l’impact qu’elle a sur son public. La série introduit aussi d’autres personnages talentueux, comme Hoshino Ruby, la fille d’Ai, et le groupe B-Komachi, qui suivent leurs propres parcours artistiques. Leurs performances sont superbement animées, et la série met en lumière les étapes cruciales que des artistes comme eux doivent franchir pour réussir. En nous montrant le chemin de B-Komachi depuis ses débuts jusqu’à sa première performance devant un public, Oshi no Ko capte la rigueur et la résilience exigées pour se produire sur scène.

Oshi no Ko ne se limite pas à explorer le monde des idols, mais s’intéresse aussi aux acteurs et actrices japonais, ainsi qu’aux diverses productions auxquelles ils participent. Dès le premier épisode, nous voyons Ai chercher à accroître sa visibilité en apparaissant dans plusieurs émissions de télévision et même dans un film d’horreur, où son fils, Aquamarine, fait une brève apparition. Cette immersion progressive dans le milieu cinématographique et télévisuel du Japon illustre bien le parcours de carrière d’un acteur. Plus tard, Aqua, devenu adolescent, se lance sérieusement dans une carrière d’acteur, et nous découvrons les coulisses du tournage d’une adaptation en live-action de manga, ainsi qu’une émission de téléréalité centrée sur des romances lycéennes, semblable à Occupation Double au Québec. Dans la saison 2, on assiste également à la progression de sa carrière dans une pièce de théâtre 2.5D, une adaptation du manga Tokyo Blade, qui connaît un succès retentissant.
L’expérience d’Aka Akasaka dans l’industrie du divertissement donne à l’histoire une authenticité marquée, révélant aussi le côté sombre de cette industrie. Dès le premier épisode, les jeux de pouvoir et le favoritisme sont exposés. Par exemple, Ai voit certaines de ses scènes coupées au montage final d’un tournage, car sa beauté risque d’éclipser celle de l’actrice principale. Dans une autre scène, deux magnats du showbiz échangent des services pendant un dîner, chacun promettant de promouvoir les acteurs de l’autre dans leurs futures productions. Plus loin, dans la saison 2, une actrice aspirante apprend que les résultats d’audition sont souvent manipulés pour avantager une même actrice, sélectionnée à chaque fois, révélant une facette désillusionnante du milieu.
Oshi no Ko aborde aussi la toxicité des fans et ses impacts sur les vedettes japonaises. La série ne recule devant rien : une des actrices est poignardée par un fan enragé, tout cela parce qu’elle avait osé avoir une vie personnelle indépendante de son image publique. Un autre personnage, Kurokawa Akane, devient la cible de haine en ligne après qu’un incident anodin dans une émission de téléréalité l’ait injustement présentée comme dangereuse et agressive.

L’incident traumatisant avec Akane expose un autre pan sombre du monde du divertissement japonais. Isolée et sans soutien de l’équipe de production après une campagne de cyberintimidation, elle frôle le suicide, manquant de se jeter d’un pont avant d’être sauvée de justesse. Cet épisode, si troublant, contient des avertissements sur la santé mentale et le suicide, ainsi qu’un message d’aide psychologique. Heureusement, elle est secourue, et d’autres personnages œuvrent à restaurer sa réputation. Ce moment frappant, bien que choquant, s’inspire d’expériences réelles de l’auteur. En effet, Aka Akasaka, ayant travaillé dans le showbiz japonais, a confié qu’un de ses amis avait subi une attaque similaire par un fan enragé, rappelant des incidents bien réels, notamment celui de Kimura Hana. Bien qu’Aka Akasaka affirme que la ressemblance est une coïncidence, Oshi no Ko s’engage dans une exploration crue des réalités de l’industrie.
Cette série aborde aussi d’autres enjeux du divertissement japonais, comme la qualité souvent négligée des adaptations de mangas dans d’autres médias, l’impunité des vedettes talentueuses malgré des comportements toxiques, et la précarité des enfants-acteurs, illustrée à travers Kana Arima. Cette dernière, d’abord une enfant-actrice prometteuse, peine plus tard à décrocher des rôles, dégradée à des productions médiocres. Grâce à l’intervention d’Aqua, elle retrouve sa place, rejoignant Ruby pour devenir idol dans le même groupe. Ce développement souligne l’efficacité de Oshi no Ko, qui suit avec justesse l’évolution des personnages dans leurs carrières respectives. La série offre une perspective unique sur les parcours contrastés d’Aqua et Akane, évoluant comme acteurs, par rapport à Ruby, Ai, et Kana, des idols.
Cependant, Oshi no Ko accorde davantage de profondeur à Aqua, et bien que Ruby soit présentée comme personnage principal au début, son parcours d’idol est abordé plus en surface, principalement à travers ses réactions aux actions de son frère. Ce n’est qu’à la fin de la saison 2 que la série se concentre plus attentivement sur elle.
En conclusion, Oshi no Ko est une série percutante, notée 9/10 pour son exploration poignante du divertissement japonais, l’authenticité de son histoire, enrichie par les expériences personnelles d’Aka Akasaka, et une animation de qualité exceptionnelle.

Pour écouter l’anime, c’est ici.

Si vous êtes ici, c’est que vous êtes prêts à plonger dans le monde des mensonges d’Oshi no Ko et que vous n’avez pas peur des spoilers. Aka Akasaka aime beaucoup jouer avec le concept du mensonge dans ses œuvres, et Oshi no Ko n’y fait pas exception.
Souvenez-vous lorsque j’ai mentionné dans ma précédente critique comment le destin du Dr. Gorou est changé de façon irréversible lorsqu’il prend en charge Hoshino Ai pendant sa grossesse.
Le Dr. Gorou rencontre son destin la veille de l’accouchement de sa patiente lorsqu’il croise un homme louche rodant près de l’hôpital. Cet individu le leurre et le pousse en bas d’une colline. À son grand étonnement, le Dr. Gorou ouvre les yeux dans le corps d’un nouveau-né… l’un des jumeaux d’Ai Hoshino! À côté de lui se trouve sa sœur jumelle, qui n’est autre que son ancienne patiente décédée d’un cancer, maintenant réincarnée. Ils deviennent alors les jumeaux Hoshino : Aquamarine et Ruby.

La famille Hoshino mène une vie heureuse, mais le mensonge persiste : les jumeaux ne sont pas officiellement les enfants d’Ai, mais ceux du président de sa compagnie, Ichiko, et de sa femme Miyako. Ce subterfuge vise à protéger la carrière d’Ai. En effet, si le public apprenait qu’Ai, une idole, est devenue mère à 16 ans, sa carrière serait ruinée. Le rôle d’une idole comme Ai est de vendre l’idée qu’elle est une amoureuse chaste et pure, entièrement dévouée à ses fans. Cela causerait également un scandale pour l’agence qui gère sa carrière. Bien que les jumeaux soient adorés, certains les trouvent un peu précoces…
Pendant quelques années, tout se passe bien. Cependant, sur un coup de tête à la suite de commentaires de ses enfants, Ai décide de contacter le père des jumeaux, qui a été absent jusqu’alors. Peu avant un concert important, elle réfléchit à ses mensonges et se demande si ses sentiments envers ses enfants sont réels ou bien des illusions.
Le jour du concert, une tragédie frappe : un fan enragé se rend au domicile des Hoshino et poignarde Ai devant les yeux horrifiés d’Aqua. Dans ses derniers instants, Ai utilise ses dernières forces pour exprimer son amour pour ses enfants, confirmant que ses sentiments étaient sincères. Elle meurt paisiblement, avec la certitude que son amour pour eux était bien réel.

Dans les jours suivants, la mort d’Ai est annoncée, mais elle est rapidement oubliée par le public. Son meurtrier se suicide. Le décès d’Ai dévaste ses enfants et Ichiko, qui sombre dans l’alcoolisme avant de disparaître. Miyako, quant à elle, adopte les jumeaux. Aqua, toutefois, commence à suspecter quelque chose. Comment le meurtrier a-t-il pu connaître l’adresse des Hoshino? Aqua en vient à la conclusion terrifiante que leur père a orchestré la mort de sa mère en fournissant l’adresse au meurtrier.
Aqua décide alors de devenir acteur pour infiltrer le monde du showbiz japonais, déduisant que son père biologique doit être une célébrité. Il est convaincu que c’est en entrant dans ce monde qu’il pourra trouver l’homme responsable de la mort de sa mère. Pendant ce temps, Ruby reste dans l’ombre de la quête de vengeance de son frère. Elle rejoint le monde des idoles, espérant marcher dans les pas de sa mère et retrouver un jour le Dr. Gorou.
Le passage abrupt d’une histoire familiale heureuse à une quête de vengeance peut, selon vos goûts, être soit captivant, soit déstabilisant. Cela dit, cette transition est bien maîtrisée et donne un excellent élan à la suite des événements.

Pour accomplir sa vengeance, Aqua participe à diverses productions, allant d’une émission de téléréalité à la Loft Story à des adaptations de mangas en mini-séries ou pièces de théâtre. Sa quête est bien structurée, illustrant la difficulté de trouver la vérité sans preuves évidentes. Par exemple, Aqua collecte des échantillons d’ADN de célébrités masculines susceptibles d’avoir côtoyé sa mère avant sa naissance, espérant découvrir la vérité.
Aqua n’hésite pas à utiliser ses connexions, comme celle avec Arima Kana, pour apparaître dans des productions dans l’espoir de trouver le meurtrier de sa mère. Cependant, sa quête de vengeance affecte progressivement sa santé mentale, rendant son état de plus en plus fragile. Un exemple marquant est sa réaction lorsque Kurokawa Akane, une participante à la même émission de téléréalité, imite parfaitement Ai pour un tournage, déstabilisant Aqua.
Kurokawa Akane est un personnage que j’apprécie, bien que parfois trop compétente. Âgée de seulement 17 ans, elle révèle un talent exceptionnel en profilage et en tant qu’actrice, réussissant à imiter Ai avec une précision déconcertante. Cette compétence peut parfois donner l’impression qu’Akane résout les mystères de manière un peu trop opportune, mais cela reste un élément clé de l’intrigue.
Comme je l’ai mentionné dans ma critique précédente, Ruby est souvent reléguée au second plan par rapport à Aqua. La série se concentre surtout sur Aqua et sa quête de vengeance, laissant Ruby dans un rôle plus passif. Ce n’est qu’à la fin de la deuxième saison que Ruby prend un côté plus sombre et que sa quête personnelle prend de l’importance.

Je dois également mentionner l’utilisation des « yeux étoilés » dans Oshi no Ko. Ces yeux apparaissent sur les personnages d’Ai, Aqua, Ruby et Akane à des moments clés, et deviennent un moyen efficace de montrer leur état émotionnel. Chaque apparition de ces yeux marque une étape importante dans l’évolution des personnages.
Mon score reste identique à ma critique sans spoilers : 9/10. Je vous encourage vivement à regarder la série pour découvrir tous les mensonges et les intrigues qui se cachent derrière la façade brillante des jeunes vedettes d’Oshi no Ko.


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