
Dans ce dernier roman signé Senécal, 12 volontaires québécois d’horizons contrastés se retrouvent pour une expérience de psychologie sociale sur une île déserte. Ils devront jouer les naufragés et éliminer leurs camarades chaque jour jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que trois, base d’une nouvelle société. Ils seront filmés tout au long de leurs aventures, et leurs moindres faits et gestes seront analysés par deux psychologues installés en retrait. Si cela vous fait penser au concept d’une téléréalité, vous avez raison, et cela ne manque pas d’irriter le psychologue à l’origine de cette drôle d’expérience, qui croit dur comme fer en sa pertinence.
Nous apprendrons alors à connaître ces 12 personnages hétéroclites, et les divergences entre les croyances, les valeurs, les préjugés et les jugements de chacun ne se passeront pas toujours en douceur. Patrick n’épargnera personne, ni eux, ni nous, avec des questions morales teintées d’humour noir et des situations qui nous poussent à réfléchir. Qui sortira indemne de cette aventure? Vous vous en doutez probablement…
Cette petite brique de 664 pages m’a tenu en haleine du début à la fin! Les interventions de notre narrateur, qui n’hésite pas à briser le quatrième mur pour nous donner des détails sur ce qui aurait pu être, ou simplement de petits commentaires, m’ont souvent fait rire. J’admire l’audace de ce livre, on y retrouve des stéréotypes, presque caricaturaux, poussés à l’extrême. De la raciste qui ne veut pas l’être, au vieux macho, en passant par la jeune étudiante woke et l’immigrante amoureuse du Québec, certains que l’on adore, d’autres que l’on aime détester.
Pour moi, c’est une autre réussite qui se hisse dans mon top 3 de ses livres. Les émotions s’entrechoquent, un passage cinglant, une remarque humoristique ou encore une scène horrifique, les plus sensibles devraient s’abstenir. Mais ce n’est pas une surprise venant du maître. On nous expose la psychologie humaine brute et sans filtre, chacun des participants devenant un représentant social de son extrême dans une œuvre mi-tragique, mi-comique rappelant le ton de la série Malphas. Civilisés reste tout de même très différent des autres textes de l’auteur, tout en gardant la même plume fluide, sans creux ni longueur que j’apprécie toujours autant.
Ce n’est pas une surprise lorsque j’aime un Senécal, mais celui-ci se différencie des autres par son style. Même si j’ai su deviner quelques fois la suite des choses, Patrick trouve toujours le moyen de me laisser bouche bée!

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